Maison connectée : quelles technologies ?

Tout a changé pour la maison connectée depuis que les Box des opérateurs se sont installées dans tous les foyers. Les réseaux s’interconnectent, chacun adapté à des usages très appropriés.

Dans la maison connectée, il y a des technologies différentes de réseaux . Il y a des technologies connues comme le WiFi. Il existe en plusieurs normes qui relie les équipements les plus voraces en débits de données.  Notamment pour la vidéo. Il y a ceux plus dédiés à des connexions de type audio comme le Bluetooth. Enfin, il y en a dédiées aux objets connectés. Elles ne demandent pas beaucoup de transfert d’informations mais requièrent absolument de l’économie d’énergie. On y trouve Zigbee et Zwave.

Complexe la maison connectée ?Maison connectée : Pont ZigBee Philips Hue

Pas si complexe qu’on pourrait le penser cette maison connectée… Il faut comprendre que si la commande d’un objet connecté consomme un peu trop quand il s’agit de faire des économies d’énergie de chauffage ou de lumière, il n’est pas intéressant de l’utiliser. Surtout quand on commence à vouloir économiser sur les économies de lumière avec des lampes à Led. Elles qui consomment 10 à 15 fois moins que des lampes à incandescence pour la même quantité de lumière ! Imaginez que pour économiser 1 heure d’allumage d’une lampe à Led il faille consommer la même chose en 10 heures par l’outil de commande ! Toutes les dix heures, sans que vous n’ayez besoin de la lumière, vous aurez consommé autant d’énergie que si elle était allumée pendant une heure ! Du gaspillage programmé !

Du gaspillage programmé ? Sauf si…

La technologie Zigbee par exemple utilisée par Philips dans ses lampes Hue et Ikea dans ses lampes Trådfri est capable de travailler pendant plusieurs années avec une simple pile. Avec la même pile, la technologie Bluetooth Basse énergie ne travaillera que quelques jours. Et toujours avec la même pile, la technologie Wifi n’émettra que quelques heures. Ce qu’il faut, c’est que ces technologies puissent travailler ensemble. Ce qui est le cœur du problème, ou plutôt de la solution… Il existe en effet ce que l’on appelle des ponts entre toutes ces technologies. C’est une peu de la même manière qu’un smartphone. Il sait travailler avec le réseau WiFi et le réseau de téléphonie GSM, 3g ou 4G et bientôt la 5G.

Le sans-fil pour la maison connectée ? Une bonne solution

Toutes les technologies citées précédemment sont sans fil. Dans un appartement, dans bien des cas, rien de compliqué. Il y a la box qui distribue le WiFi… Et pour un pont vers des technologies Zigbee, il y a un « pont » qui va être connecté à la box. Ceci fera que tout ce qui se commande en Wifi à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone se transfèrera via le pont Zigbee vers les appareils connectés. Le Zigbee offre une technologie très sophistiquée. Elle est capable de dialoguer en simultané avec plusieurs appareils. Mieux ! Elle peut se servir de certains appareils connectés pour relayer les informations vers des appareils qui ne seraient pas accessibles par les ondes émises par le pont. C’est ce que l’on appelle la technologie Mesh.

Tous des équipements compatibles ?

La compatibilité dépend de la technologie utilisée… Si les équipements sont Zigbee, ils vont utiliser les spécifications de la technologie, et ce qui a fait émerger ces technologies sur les 10 dernières années, c’est le fait qu’il y avait un consensus sur l’intérêt de chaque industriel à accepter cette compatibilité. La même idée qui a fait en son temps le succès du PC qui avait tué dans l’œuf des centaines d’autres idées propriétaires. Néanmoins, cette fois, le Zigbee n’a pas été pensé pour être le plus petit commun dénominateur en excluant le meilleur au profit du service de base. Il est ouvert à toutes les propositions qualitatives et peut se commander par tout type de pont qui respectera la norme au moins pour un service donné. Par exemple, pour des lampes, il y a une compatibilité avec toutes les marques de lampes qui respectent la norme, même si elles n’ont pas toutes les mêmes fonctionnalités : on voit cela avec les lampes Philips Hue, Osram , Ikea et quelques autres. Pareil avec les robinets thermostatiques sur les chauffages à base d’eau chaude ou le pilotage de radiateurs électriques.

Pour conclure, rapidement, on peut faire des choses assez proches avec la technologie Zwave nettement moins sophistiquée et pas pour autant moins chère.

Olivier Pavie

 

 

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Ecrans 8K, Oled et Micro-led

Alors que les écrans 4K se démocratisent dans les foyers, Olivier Pavie, consultant et formateur dans les Technologies, le Numérique et le Marketing Digital nous parle cette semaine des écrans de télévision 8K qui commencent à poindre le bout de leurs pixels. Alors pourquoi une telle nouveauté ?

Pourquoi du 8K ? Comme pour toute innovation, on peut se poser la question, mais ici, il faut voir les choses plus largement, ce qui est le cas de le dire. Certes la résolution 8K signifie 7680 pixels de large par 4320 pixels de haut. La 4K quant à elle signifie 3840 pixels de large pour 2160 pixels de haut. Le 8K est donc 4 fois plus de résolution que le 4K et du coup 16 fois plus que la HD.

Un ecran 8K Sony Full Led ZG9 en technologie classique LED avec un rétroéclairage LED complet, d'où l'appellation Full LED

A quoi cela peut-il servir ?

Pour l’instant la 8K est démonstrative ; il n’y a pas aujourd’hui de contenus disponibles dans cette résolution à part quelques-uns au Japon. Mais notez tout de même que cette résolution 8K signifie des images en 33 millions de pixels. Et là, vous constaterez que l’on trouve des appareils photo capables de prendre des photos jusqu’à une résolution de 50 millions de pixels comme les appareils reflex Canon 5DS et que beaucoup d’appareils photo haut de gamme ont une résolution d’au moins 30 millions de pixels. Les écrans 8K peuvent donc servir des besoins d’affichage très qualitatif, surtout en fonction de la technologie d’affichage utilisée, Oled ou micro-leds.

Technologie Oled ou micro-leds ?

Deux technologies de très grande qualité sont d’ores et déjà en concurrence pour l’affichage qui dépasse les classiques technologies LED. L’Oled est le plus connu. Originellement commercialisée par LG, la technologie Oled n’a pas besoin de ce que l’on appelle un rétroéclairage comme pour les écrans LED ou LCD qui utilisent des cristaux liquides. Chaque pixel ou point d’un écran Oled est ce qu’on l’on appelle auto-émissif. Chaque point agit en quelque sorte comme une lampe pouvant afficher toutes les couleurs possibles ou être éteinte. Ceci a pour résultat un noir parfait quand la lampe est éteinte alors qu’avec la technologie de rétroéclairage, il y aura toujours un halo de lumière qui arrivera à passer entre chaque point de couleur allumé ou éteint, ce qui ne permettra pas un contraste infini. L’Oled signifie Organic Light-Emitting Diode ou, en français diode électroluminescente organique. Le terme organique vient du fait que l’on travaille avec des matériaux issus de la chimie organique, c’est-à-dire de la chimie du carbone et de ses composés, naturels ou synthétique que l’on étudie au lycée.

Quelle différence avec les micro-leds ?


La technologie micro-leds est basée sur les leds ou diodes électroluminescentes. Les leds, ce sont des composants électroniques que l’on utilise depuis des décennies pour faire des voyants verts, rouges, jaunes dans les véhicules et sur plein d’équipements électroniques. On a tous une télévision qui a un voyant rouge allumé quand la TV est en veille. Bref, on le sait, depuis ces dernières, les usages des leds ont explosé avec l’arrivée des lampes à leds qui ont remplacé les lampes à incandescence, les lampes halogènes et les lampes fluo. Il y a même des lampes à leds qui changent de couleurs comme on le veut. Eh bien, les écrans micro-leds reprennent la même technologie mais pour faire des leds microscopiques de la taille d’une tête d’épingle. Si LG a pour fer de lance l’Oled, c’est Samsung qui a les micro-leds en fer de lance, à tel point qu’au CES de Las Vegas en 2019, Samsung a montré le premier écran 8K fait à partir de micro-leds.

Y aurait-il une bataille commerciale en préparation entre Samsung et LG ?

Samsung n’a jamais adopté l’Oled et a toujours poussé le concept du LCD le plus loin possible, notamment avec le Qled. LG a été le pionnier de l’Oled et a même réussi à fédérer Sony depuis près de 3 ans sur cette technologie, et même Panasonic y est passé ainsi que d’autres fabricants. Samsung est un géant qui va avoir lui aussi sa propre technologie d’autant plus concurrentielle de l’Oled qu’elle est plus fiable à long terme en matière de qualité des couleurs. Ce qui est intéressant, c’est quand même que les deux technologies vont pouvoir cohabiter car elles n’ont pas forcément que des applications concurrentes : on ne peut pas faire des écrans enroulables en micro-leds et en Old on ne peut par exemple pas faire des écrans ayant toutes les hauteurs et largeurs possibles et imaginables.

 

Bref, tant de choses encore à découvrir et à imaginer grâce à ces deux technologies. Le fait qu’elles soient utilisées en concurrence pour dynamiser la Télévision 8K n’est finalement qu’anecdotique.

 

Olivier Pavie avec la participation d’André Sanchis sur RCF Méditerranée

Note : la photo de l’écran 8K Sony Full Led ZG9 en technologie classique LED est avec un rétroéclairage LED complet, d’où l’appellation Full LED qu’utilise Sony. Ce n’est ni du Oled, ni du Micro-led.

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Mise en conformité RGPD : 2019 ou rien

2019 ou l’année de la mise en conformité RGPD… Une année qui marque un tournant dans la responsabilisation des entreprises en matière de sécurisation de leur informatique et des données personnelles qu’elles stockent et traitent.

La loi RGPD a été promulguée le 25 mai 2018. Elle demandait déjà aux entreprises de passer à la mise en conformité RGPD. On parle de toutes les entreprises : très petites, petites et grandes, y compris les autoentrepreneurs, les commerçants, les artisans, professions libérales, associations, etc.

Pourquoi la mise en conformité RGPD et de quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une loi… C’est une obligation… Européenne… Il faut comprendre l’intérêt de cette loi avant de vouloir lui trouver une forme d’abus. Cette loi RGPD signifie Règlement Général de Protection des Données personnelles (des membres de l’union européenne). Son but est de préserver la vie privée des personnes. Cela doit leur permettre de gérer les informations qu’elles veulent bien partager, ou pas, à n’importe quel moment de leur vie. Chaque entreprise possède des données personnelles pour un usage interne comme le contrat de travail, le CV, les fiches de paie, etc. Mais elles ont aussi aussi des données sur l’intérêt que portent des personnes aux produits et services de l’entreprise. Souvent les entreprises ne se rendent pas compte de l’importance de ces données qui revêtent un aspect stratégique quant à leur activité. Les commerciaux et les professionnels du marketing quant à eux ont une bonne vision de cela.

La mise en conformité consiste à prendre conscience de la valeur de ces informations, de leur donner un indice de valeur et un niveau de protection adéquat. Il y a des données sensibles comme le numéro de sécurité sociale, les revenus, les données de cartes bancaires et de comptes, les opinions politiques et religieuses, les orientations sexuelles, les données relatives à la santé, etc. Ne pas se mettre en conformité fait prendre des risques à l’entreprise…

Quels risques pour une non conformité RGPD?

Cela commence par des risques d’amendes et des procès avec des personnes ou des groupes de personnes. Si les autorités n’ont pas tout de suite appliqué la loi RGPD pour tout le monde dès le 25 mai 2018, cela n’a pas trainé non plus. Deux semaines après l’entrée en vigueur de la loi, une première amende de 250.000 euros a été adressée à Optical Center pour une faille de sécurité non corrigée depuis 2017.  Uber s’est vu infliger une amende de 400.000 euros pour atteinte à la sécurité des données des utilisateurs, pas assez protégées, Bouygues Telecom, 250.000 euros, etc. Il est à noter qu’une association, l’ADEF, dont la mission est la mise à disposition de logements dans des résidences et foyers notamment pour des étudiants, des familles monoparentales et des travailleurs migrants, s’est aussi vu infliger une amende de 75.000 euros pour une mauvaise sécurisation des données.

On le voit, le cœur de la problématique est la sécurisation des données personnelles. Cela se comprend, comment penser qu’une compagnie d’assurance va garantir certains services si elle sait qu’une personne a des risques sur sa santé à court ou moyen terme ??? Une fuite de données par piratage, ou même par simple négligence n’est plus pardonné. Et la loi oblige même à déclarer ce genre de sinistre auprès de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) dans les 72 heures.

Pourquoi encore parler de cette mise en conformité en ce début 2019 ?

Parce que beaucoup d’entreprises n’ont rien fait. Selon une étude réalisée par Kaspersky et Euler Hermes, 18 % des PME victimes de cyberattaques en 2018 étaient basées dans le sud-est de la France. Non seulement c’est dangereux pour l’entreprise, mais ne pas se protéger est devenu réellement illégal.

Quelles sont donc les conséquences de l’absence d’une mise en conformité RGPD

Perte de crédibilité, perte de clientèle, risques pour l’entreprises et ses employés. Les autorités n’aiment pas que des entreprises jouent avec le feu et prennent des risques avec leur activité et donc avec leurs employés. Ceux qui auront fait le nécessaire auront plus d’opportunités de se développer. On est dans une chaîne alimentaire. Les entreprises qui ne se soumettent pas à la loi RGPD ne pourront plus travailler avec les entreprises qui se préoccupent de leur conformité. Les risques de non-conformité au RGPD présentent des risques pour les entreprises qui sont en conformité et elles ne voudront pas travailler avec des entreprises qui ne s’en soucient pas.

Olivier Pavie

https://www.economie.gouv.fr/entreprises/reglement-general-sur-protection-des-donnees-rgpd

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Un OS Souverain en France ? Une aberration politique, économique et technologique

Un OS Souverain en France ? Une aberration politique, économique et technologique par Olivier Pavie, consultant, auteur et journaliste dans les nouvelles technologies et la communicationUn OS Souverain en France ? Une aberration politique, économique et technologique

Les députés ont récemment adopté un amendement concernant l’étude de la mise en place d’un OS souverain. D’une part de quoi s’agit-il et d’autre part, qu’est-ce que cela implique ?

Parler d’OS c’est parler de système d’exploitation des ordinateurs et autres équipements informatiques. Sur les ordinateurs modernes, le système d’exploitation est principalement Windows sur les PC, on l’appelle MacOS sur les Macintosh, Android sur certains téléphones, mais aussi IOS sur les iPhones. Il y a aussi Linux qui est souvent utilisé mais plutôt dans des domaines professionnels assez ciblés. Si la France voulait se doter d’un OS dit souverain, ce serait pour que les ordinateurs français, et principalement ceux des administrations fonctionnent sur un système qui ne serait rien de tout ce que je viens de citer. Il faudrait le créer.

Quel serait l’intérêt ?

Sur le papier, c’est simple, l’intérêt c’est que l’on serait certains que tous les programmes et toutes les fonctions qui composent le système d’exploitation n’auraient pas des logiciels espions et des fonctions cachées qui permettraient d’aller voir ce qui se passe sur les ordinateurs.

Toutefois il y a plein de mais, c’est comme une idéologie politique, on sait très bien que rien ne peut être parfait, qu’il y aura des gens qui trouveront des failles de sécurité, qui développeront des virus etc. En plus de l’OS qui va déjà coûter une fortune, le paradoxe c’est qu’il faudra sans cesse dépenser d’autres fortunes pour développer des logiciels qui existent déjà et que l’on trouve gratuitement parce qu’ils n’existeront pas sur l’OS que l’on aura réinventé.

On parle d’un Milliard pour l’OS…

Le chiffre d’un milliard d’euros circule sur Internet, mais là encore, je me permets d’avancer que c’est une grande idiotie ; on voit que les ministres, l’assemblée nationale et les députés n’ont absolument pas le niveau pour débattre de ces sujets qui les dépassent ; ce sont les lobbyistes qui agissent dans l’ombre pour alimenter les caisses de grosses compagnies françaises.

Je vais vous donner un bon exemple à ne pas reproduire et qui se rapproche de notre sujet d’OS Souverain. Le plus intéressant étant que le dénouement de cet exemple s’est passé dans la même semaine que le vote des députés sur l’OS souverain. Ne pas y voir une relation serait faire la politique de l’autruche.

Cet exemple, c’est celui du projet de Cloud souverain décidé en 2012. Il s’avère être un fiasco politique et économique alors qu’il était beaucoup plus simple à réaliser que l’OS souverain dont on parle ici.

Pourquoi un fiasco politique et économique ? Politique parce que ce sont des incompétences et mauvaise connaissance de l’existant technologique par les députés qui ont prévalu.

Economique parce que les sociétés Cloudwatt et Numergy créées pour l’occasion par le gouvernement avec l’argent de la caisse des dépôts, d’Orange et de Thalès, valorisées chacune 225 Millions au départ, soit 450 millions à elles deux, ont réussi à réaliser 8 millions de chiffre d’affaires à elles deux en 2014.

J’ajoute qu’en 2015, Cloudwatt a été reprise à 100% par Orange pour un prix non communiqué et certainement proche de 0, et que Numergy, placée en plan de sauvegarde en Octobre 2015 a été absorbée par SFR à 100% en janvier 2016 pour un prix non communiqué mais vraisemblablement pour 1 euro symbolique et l’obligation de trouver une solution pour les salariés repris ou pas.

Si on revient sur l’OS souverain, imaginez que la situation risque d’être bien pire…. Si on arrive à faire cet OS, 1 Milliard c’est à la fois beaucoup et très peu. Windows a coûté plusieurs dizaines de Milliards à Microsoft depuis 1985, en 30 ans… Cela montre d’une part que cela ne se fait pas tout seul et pas en soufflant dessus et en tous cas pas avec quelques dizaines de programmeurs pendant deux ou trois ans comme j’ai pu le lire dans la presse généraliste qui elle non plus n’y connait rien en numérique ou presque. Ce milliard ne tient pas compte des programmes qu’il va en plus falloir développer pour faire fonctionner tout ça. Sans compter la maintenance, les antivirus et dispositifs d’anti-piratage qu’il va falloir mettre en place, les évolutions de l’OS, les déploiements de mises à jour de parcs, les personnes qu’il va falloir former. S’agira-t-il encore de fonctionnaires puisque seuls les ordinateurs de l’administration française en seront équipés ?

N’y a t-il pas déjà un OS en France sans avoir besoin d’en redévelopper ?

L’ANSSI, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information a développé depuis 2005 un logiciel baptisé CLIP. C’est presque un système d’exploitation, mais en fait cela s’appuie sur une base de système d’exploitation Linux. C’est une couche logicielle étanche en termes de sécurité entre Linux et les applicatifs de communication de l’ANSSI et l’usage éventuel d’un système d’exploitation plus classique qui peut être installé, comme par exemple Windows qui fonctionne lui aussi dans une bulle étanche par rapport aux applications de l’administration mais reste un vrai Windows dans son fonctionnement et son ouverture vers les réseaux.

CLIP comme solution ?

Si les lobbyistes que sont les grandes sociétés de service n’étaient pas derrière cette manipulation politico économique, la question ne se poserait pas : CLIP est une solution et il y en a surement d’autres. En ce qui concerne le lobbying, je rappelle que l’une des plus grosses sociétés de service en informatique est Atos et qu’elle est dirigée par un ancien ministre de l’économie et des finances et ancien PDG de France Telecom : Thierry Breton. Ces noms sont tous impliqués dans le fiasco du Cloud souverain dans lequel Atos, société privée récupère à la pelle actions dans Bull, partenariats avec l’Europe, etc.

Si je reviens précisément à mon sujet, pourquoi réinventer la roue et dépenser de l’argent là-dedans alors que nous devons nous concentrer sur notre compétitivité, sur l’emploi, la formation dans les nouveaux métiers du numérique, l’éducation, etc.?

L’OS Souverain est une aberration économique et politique qui ne sert que les desseins de sociétés privées qui s’enrichissent à bon compte, comme les banques qui se sont renflouées sur le dos des états et des contribuables dans les années 2008/2009

Podcast de l’émission du 30/01/2016 sur RCF Méditerranée

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Des objets connectés, oui mais pas pour n’importe quoi…

Les objets connectés ou l'Internet des objets par Olivier Pavie sur RCF dans sa chronique Explorateur Numérique du 9 Janvier 2016Des objets connectés, oui mais pas pour n’importe quoi…

[Chronique en podcast audio à la fin de cet article et lien direct sur RCF] Les objets connectés sont mis à toutes les sauces créant une sorte de ruée vers l’or, une tendance à tout vouloir connecter et interconnecter. De quoi s’agit-t-il ? Quelle valeur ou quel sens accorder à telle ou telle idée ? C’est ce que propose d’éclaircir Olivier Pavie, consultant en nouvelles technologies et en communication avec les nouvelles technologies.

Pour commencer, rappelons que la notion d’objet connecté est identique à l’expression Internet des Objets, en anglais IoT pour Internet of Things. Un objet connecté a donc de près ou de loin un rapport avec Internet, en sachant qu’Internet est aujourd’hui capable de relier à peu près tous les services liés à l’informatique et aux données à n’importe quel objet par le simple fait qu’il existe des puces électroniques qui coûtent quelques centimes qui peuvent dialoguer avec leur environnement avec des technologies comme le Wifi, mais surtout avec des technologies à très basse consommation électrique sans fil comme le Bluetooth Low Energy ou BLE, ou le Zwave ou encore le ZigBee. Pour donner une idée de la consommation électrique, le ZigBee a été pensé pour pouvoir communiquer cinq ans avec son environnement avec une simple pile bâton 1volt5 de type AA. Et quand je parle de puces à quelques centimes, ce sont des puces électroniques plus puissantes que nos ordinateurs des années 80 et 90 qui tiennent sur la pointe d’un ongle.

Quels sont les services que l’on peut attendre de ces objets ?

ça part dans tous les sens : la pertinence du service sur un marché et l’intelligence déployée dans sa conception, c’est là-dessus que tout repose. J’ai parlé il y a quelques semaines de Linky, le nouveau compteur électrique d’ERDF/EDF : il s’agit d’un objet connecté qui dialogue avec le réseau EDF et avec des objets dans la maison. Aujourd’hui ce peut avec un écran qui permet de visualiser la consommation électrique instantanée, ce peut être le pilotage des radiateurs de la maison en fonction d’un besoin en température dans certaines pièces, ce peut être de piloter la mise sous tension ou l’extinction de lampes, le pilotage des détecteurs de fumée.i

Il ne faut pas que tout cela se mélange avec les objets connectés du voisin !

Les services oui, mais avec l’assurance d’avoir ces services de manière confidentielle et très sécurisée. La sécurité est un des challenges des objets connectés, tout en sachant qu’ils doivent pouvoir être interchangeables, compatibles, évolutifs soit par remplacement, soit par mise à jour de fonctions comme on l’a vu récemment avec la montre Apple qui ne tirait son intelligence que de l’iPhone dans la première version logicielle et qui est aujourd’hui capable de contenir des vrais programmes indépendants du téléphone dans la version 2, ceci sans changer de montre mais juste en la mettant à jour.

Un monde très complexe !

Ce monde des objets connectés est extrêmement complexe sur un plan technique et ça doit être extrêmement simple pour l’utilisateur : ce paradoxe a toujours été celui de l’informatique et avec les objets connectés, cela se corse encore davantage ! 0n a parlé de services dans la maison, il y a aussi tous les services liés à la santé pour lesquels il faut encore améliorer la manière de transmettre des informations très confidentielles. J’ai également abordé le sujet d’un bracelet connecté qui mesure l’activité physique et des paramètres vitaux pour le compte d’une assurance santé : imaginez que le bracelet remonte des informations nominatives sur des paramètres vitaux défectueux… Il y a deux moyens de voir la suite des évènements : soit cela permet d’hospitaliser la personne à un moment qui est encore très précoce dans le diagnostic, soit cela donne l’information à l’assurance santé de faire attention à cette personne sur un plan financier : les risques ont augmenté, le prix de l’assurance est augmenté en conséquence.

Des dérapages sur le plan éthique ?

L’un des autres challenges des objets connectés et notamment dans la santé, c’est d’utiliser les informations à bon escient. Avec des informations rendues anonymes remontées par des centaines de milliers d’appareils conçus de manière intelligente, on peut travailler sur l’amélioration de la santé publique sans problème éthique, il s’agit alors d’un objet connecté à vocation positive. Si le but est d’adapter les prix des contrats tout comme il y a des bonus et des malus en matière de conduite automobile, on est dans un autre monde qui n’est pas humaniste puisqu’il ne tient pas compte de la notion d’égalité en droit dans la naissance et on ne nait pas tous avec la même santé.

Des objets connectés qui peuvent avoir un impact positif sur l’humanité?

Il y a de nombreuses idées positives comme par exemple les équipements qui vont permettre d’arroser très précisément les plantes en fonction du degré hygrométrique du sol et de l’air, les drones qui vont être capables de planter des millions ou des milliards d’arbres, les puces implantées qui vont permettre d’établir des diagnostics de santé permanents sur des personnes très fragiles pour améliorer leur vie quotidienne, les compteurs électriques intelligents qui vont permettre d’économiser des centaines d’usine de production d’électricité au charbon en chine et aux etats unis et sur d’autres énergies fossiles partout dans le monde, tous les objets qui vont avoir un but proactif et actif dans l’accomplissement de tâches utiles qui respectent l’aspect éthique et humaniste et s’insèrent dans un projet sociétal.

Article intéressant  sur startups dans le domaine de l’IoT : http://lentreprise.lexpress.fr/creation-entreprise/idees-business/les-objets-connectes_1732141.html

 

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