Loi Mobilité et NVEI : pourquoi et quand ?

Loi Mobilité et NVEI : pourquoi et quand ?

Les trottinettes électriques et Nouveaux Véhicules Electriques Individuels ou NVEI font couler beaucoup d’encre. Les médias généralistes se font l’écho des frayeurs d’une minorité ; la loi mobilité est là pour recadrer le contexte de ces empêcheurs de tourner en rond.

Olivier Pavie est utilisateur d’un NVEI*. Depuis plus de deux ans et ayant plus de 10000 km au compteur de sa gyroroue, il analyse la situation. Il démontre que le cadre légal envisagé de la loi mobilité est simplement adapté. Il permet de voir naître des assurances qui n’existaient pas pour l’instant de protection de l’utilisateur.

D’accord avec la loi mobilité qui entrera normalement en vigueur en septembre 2019 ?

La loi n’a rien d’extraordinaire, elle ne fait que replacer le NVEI au rang du vélo dans notre circulation de tous les jours et dans celui du code de la route. Si on se remet dans le contexte, un vélo n’a pas le droit de rouler sur un trottoir. Il doit être conduit à la main avec pieds à terre… Par ailleurs, il y a une loi qui existe depuis longtemps qui limite la vitesse des véhicules non immatriculés à 25 km/h. Or, un vélo n’est pas immatriculé. Donc il ne doit pas dépasser les 25 km/h. Idem pour les vélos électriques qui font partie des NVEI. Un vélo a le droit de circuler sur la voie publique. Les détenteurs d’un permis de conduire ne s’amusent pas à les culbuter pour le plaisir.

Pourquoi une nouvelle loi mobilité sur le NVEI ?Loi mobilité : la gyroroue fait partie des NVEI utilisables à des vitesses de moins de 6 km/h autorisés de principe par les articles de loi R412-43 et R412-34 du code de la route

Parce qu’il y avait un vide juridique. Pas de mention donc pas de sanctions. Si ce n’est l’abus de droit comme certains maires ont choisi en interdisant purement et simplement ces véhicules. Ceci où que ce soit ou presque au vu des abus des individus, et certes, il y en a. De mon côté, je roule sur les trottoirs très souvent depuis plus de deux ans. Je respecte doublement le code de la route. En effet, les gyropodes tels que les gyroroues sont acceptées par le code de la route via les articles R412-34 et R412-43. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas de guidon qui occupe les mains. Elles sont capables de rouler à moins de 6 km/h, c’est à dire de rouler à la vitesse d’un piéton. Ceci en sachant qu’un gyropode, comme la gyroroue peut être utilisé jusqu’à des vitesses inférieures à 1 km/h. Ce genre de véhicule peut aussi s’arrêter instantanément en posant tout simplement un pied à terre. Imaginez de rester en selle sur un vélo à moins de 6 km/h! Sans compter la place que prend le guidon sur un petit trottoir.

Perdre au change avec la loi mobilité ?

Je respecterai la loi qui sortira, et je comprends cette décision de remettre les choses en place. Ce qui est idiot, très souvent, c’est l’absence de discernement qu’ont les médias à ce sujet. Grosso modo, ils considèrent systématiquement l’utilisateur d’un NVEI comme un délinquant. Je vais être factuel. Sur les 10.000 km de pratique depuis Janvier 2017, j’ai croisé des milliers de personnes. Une très large majorité me respecte parce que je les respecte? et certainement aussi parce que la gyroroue est un véhicule qui intrigue très souvent petits et grands.

Toutefois, depuis plusieurs mois, en restant tout à fait respectueux, j’ai vu des gens me fustiger du regard… certains m’ont aussi fait des réflexions du genre vous n’avez pas le droit d’être là? Ce qui est faux. Surtout avec mon véhicule qui est une gyroroue. Je respecte la vitesse limite. Et, souvent,0 nettement moins en fonction des situations – qui me disent que je suis passible d’une amende de 135 euros, ce qui est évidemment faux à l’heure d’aujourd’hui sauf arrêté municipal spécifique, et qui sont capables de me dire qu’il est temps que cette loi passe. Ce sont des gens qui ne diront rien au passage d’un vélo sur un trottoir avec son conducteur dessus alors que c’est totalement interdit depuis toujours.

Pourquoi cette plaidoirie en faveur de la loi mobilité qui devrait passer en Septembre ?

Si je circule sur les trottoirs – et j’en ai le droit encore aujourd’hui sauf arrêté spécifique du maire – c’est pour la simple et bonne raison que je n’avais aucune protection juridique et possibilité d’assurance pour mon usage de ce véhicule. Dites-vous que ce véhicule m’a coûté 750 euros et que pour 10000 km j’ai dépensé 50 euros d’électricité et 75 euros de pneus, que j’ai dépensé 0 euro de parking, 0 euro de péage. Je n’encombre pas les routes, ni les trottoirs puisque je peux croiser quelqu’un sur un trottoir, ce qui est respectueux de la loi selon l’article R412-43 du code de la route où ne peuvent se croiser que deux personnes (et entre parenthèses, ce que de nombreux piétons ne respectent pas puisqu’ils continuent à avancer à 2 de front alors qu’ils doivent se mettre en file indienne et laisser le passage à la personne qui vient d’en face mais ce sont les mêmes mal élevés et mal informés qui vous font des réflexions). Bref, pourquoi sortir ma Clio IV diesel qui consomme 6 litres aux 100 km en ville soit 9 euros aux 100 km???

Des économies et une facture énergétique ridicule

J’aurais ainsi non pas payé 50 euros d’électricité pour mes 10.000 km mais environ 900 litres de gasoil soit  1400 euros de gasoil en plus des parkings et du temps gaspillé dans les encombrements ? En plus, quand je me déplace avec ma voiture, j’emmène toujours mon véhicule électrique dans le coffre qui ne prend aucune place ou presque et ne pèse que 12 kg. Il me fait économiser le parking partout où je vais. En 2018, j’ai même effectué un trajet 100% électrique en partant de chez moi avec ma Gyroroue, en montant dans le TGV, puis en descendant à la Gare de Lyon en empruntant les pistes cyclables et couloirs de bus dans Paris pour me rendre à ma destination finale.

Ma plaidoirie est que s’il faut un cadre légal pour l’usage, il faut l’accompagner d’une démarche répondant à la logique du monde qui doit économiser les sources de C02, donc respecter les initiatives liées à cet état de fait. Le fait que des assurances soient désormais disponibles sur ce sujet pour pouvoir rouler en sérénité sur les pistes cyclables et sur les voies publiques au cas où il n’y ait pas de pistes cyclables en agglomération, me rend serein sur l’usage que je peux continuer à faire de ma gyroroue.

Avez-vous souscrit à ce genre d’assurance ?

Bien sûr, j’ai mes trois enfants qui exploitent ma seconde gyroroue régulièrement et je suis très heureux d’avoir pu nous assurer pour un usage normal, « familial », pas « en dehors des clous » alors que notre planète et nos modes de vie nous obligent à penser à ce genre de moyen de transport. Je peux ajouter que les prix des billets de train en région sont toujours bien trop chers et insuffisamment fiables pour envisager un usage régulier et serein.

 

Olivier Pavie

Chronique diffusée sur RCF le 14 mai 2019

*une gyroroue qui fait partie des NVEI utilisables à des vitesses de moins de 6 km/h autorisés de principe par les articles de loi R412-43 et R412-34 du code de la route.

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Reconstruction de Notre-Dame de Paris : grâce au numérique ?

Reconstruction de Notre-Dame de Paris : grâce au numérique ?

Le numérique au secours de la reconstruction de Notre-Dame de Paris ? L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame le 15 Avril 2019 a été un choc et un drame. Ceci pour tous les chrétiens, et, globalement pour le monde entier, quelles que soient les croyances et opinions.

Notre époque et le numérique peuvent aider à la reconstruction de Notre-Dame plus rapidement. Olivier Pavie pose un regard optimiste sur la situation. Il montre que le monde du numérique et des nouvelles technologies contribuera à accélérer la renaissance de ce symbole universel.

Reconstruction de Notre-Dame , en quoi le numérique peut-il aider?

Reconstruction de Notre-Dame

Le sujet est vaste. Je ne vais pas rentrer dans les détails ni dans les choix qui s’offrent pour la reconstruction de Notre-Dame. Que ce soit avec d’autres matériaux, avec ou sans un concours d’architecte, etc. Pour commencer, comme il n’est pas possible de construire ou reconstruire sans des plans précis, on peut déjà parler des plans de la cathédrale telle qu’elle était. On peut garantir que jamais dans les 856 ans d’existence de ce monument commencé en 1163, achevé près de deux siècles plus tard, on n’a eu autant d’informations la concernant. Notre-Dame de Paris est aujourd’hui un des lieux les plus documentés. A commencer par les photographies numériques prises par les 13 millions de touristes qui viennent la visiter chaque année. Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut.

Des scanners laser 3D utilisés pour Notre-Dame de Paris ?

Les travaux engagés récemment pour son entretien et sa sauvegarde ont nécessité d’être réalisés sur la base de relevés géométriques et structurels utilisant les dernières technologies. On parle ici de méthode classique de relevé mais aussi de scanner laser 3D. Il y a parfois des initiatives et concours de circonstances qui peuvent amener leur pierre à l’édifice si je peux dire. En 2010, Andrew Tallon, historien de l’art spécialiste de la représentation et de l’analyse architecturales par scanographie laser et dans l’architecture gothique avait entrepris la numérisation au laser 3D de l’intérieur et de l’extérieur de Notre Dame.

Un heureux hasard ?

Ce n’était pas vraiment un hasard. Cet historien malheureusement décédé en novembre 2018 à l’âge de 49 ans s’était résolument spécialisé dans l’art gothique français et sur les cathédrales. Il a numérisé plusieurs d’entre elles en France mais aussi à l’étranger, notamment la cathédrale de Canterbury en Angleterre. Il a publié un ouvrage sur Notre Dame de Paris en 2013 co-écrit avec un autre historien, Dany Sandron. En voici d’ailleurs le sujet : « à travers de saisissantes images de synthèse, réalisées grâce à un relevé au laser en trois dimensions, cet ouvrage retrace visuellement les moments-clés de la construction de la cathédrale, puis les remaniements dont elle a été l’objet, jusqu’à la grande restauration de Viollet-le-Duc et Lassus au XIXe siècle. »

Un ouvrage intéressant sur la construction de Notre-Dame au cours des siècles

Cet ouvrage marquait le 850 ème anniversaire de la cathédrale. La précision de la numérisation qu’avait entrepris Andrew Tallon est de 5 mm. La cathédrale ainsi digitalisée a permis de collecter plus d’un milliard de points de référence pour toute la structure. Mais ce n’est pas tout pour ce qui concerne la numérisation. L’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft avait entièrement digitalisé la cathédrale en 2014 pour la rendre la plus réaliste possible dans un de ses jeux.

Des éléments suffisants ?

Plus il y a d’informations, mieux c’est. Il y a de nombreux plans de la cathédrale qui ont été faits par morceaux pendant des années. Ce que l’on sait c’est que l’intégralité du relevé de la charpente a été entrepris en 2014 par Rémi Froment et Cédric Trentesaux, deux architectes, et que cela leur a pris deux ans. Quelle que soit la méthode de reconstruction envisagée, y compris à penser à refaire une charpente, par exemple en titane, comme l’a évoqué le célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte en indiquant que c’est un matériau moderne, léger et extrêmement solide, on sait exactement et très précisément où se situent les appuis et points d’ancrage de toute la structure, en espérant toutefois qu’un minimum de pierres aient souffert de la chaleur des flammes car le calcaire dont sont faites les pierres a pour inconvénient de ne pas supporter des température trop élevées.

Optimisme pour Notre Dame de Paris

Tout montre que l’on peut être optimiste pour Notre Dame. Nous avons la volonté, nous avons les plans, nous avons le choix dans les projets et matériaux, nous avons les talents et le monde entier participe au financement d’une manière que l’on n’a jamais vue sur terre.

 

Chronique audio diffusée sur RCF le 23 avril 2019

 

 

Sources :

https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-numerique-peut-il-venir-au-secours-de-la-cathedrale-notre-dame.N832175

https://www.lemoniteur.fr/article/notre-dame-de-paris-devoile-son-ossature.590209

https://www.youtube.com/watch?v=VAMGRBGU9Js

https://www.amazon.fr/Notre-Dame-Paris-Dany-Sandron/dp/2840967685 

 

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Maison connectée : quelles technologies ?

Tout a changé pour la maison connectée depuis que les Box des opérateurs se sont installées dans tous les foyers. Les réseaux s’interconnectent, chacun adapté à des usages très appropriés.

Dans la maison connectée, il y a des technologies différentes de réseaux . Il y a des technologies connues comme le WiFi. Il existe en plusieurs normes qui relie les équipements les plus voraces en débits de données.  Notamment pour la vidéo. Il y a ceux plus dédiés à des connexions de type audio comme le Bluetooth. Enfin, il y en a dédiées aux objets connectés. Elles ne demandent pas beaucoup de transfert d’informations mais requièrent absolument de l’économie d’énergie. On y trouve Zigbee et Zwave.

Complexe la maison connectée ?Maison connectée : Pont ZigBee Philips Hue

Pas si complexe qu’on pourrait le penser cette maison connectée… Il faut comprendre que si la commande d’un objet connecté consomme un peu trop quand il s’agit de faire des économies d’énergie de chauffage ou de lumière, il n’est pas intéressant de l’utiliser. Surtout quand on commence à vouloir économiser sur les économies de lumière avec des lampes à Led. Elles qui consomment 10 à 15 fois moins que des lampes à incandescence pour la même quantité de lumière ! Imaginez que pour économiser 1 heure d’allumage d’une lampe à Led il faille consommer la même chose en 10 heures par l’outil de commande ! Toutes les dix heures, sans que vous n’ayez besoin de la lumière, vous aurez consommé autant d’énergie que si elle était allumée pendant une heure ! Du gaspillage programmé !

Du gaspillage programmé ? Sauf si…

La technologie Zigbee par exemple utilisée par Philips dans ses lampes Hue et Ikea dans ses lampes Trådfri est capable de travailler pendant plusieurs années avec une simple pile. Avec la même pile, la technologie Bluetooth Basse énergie ne travaillera que quelques jours. Et toujours avec la même pile, la technologie Wifi n’émettra que quelques heures. Ce qu’il faut, c’est que ces technologies puissent travailler ensemble. Ce qui est le cœur du problème, ou plutôt de la solution… Il existe en effet ce que l’on appelle des ponts entre toutes ces technologies. C’est une peu de la même manière qu’un smartphone. Il sait travailler avec le réseau WiFi et le réseau de téléphonie GSM, 3g ou 4G et bientôt la 5G.

Le sans-fil pour la maison connectée ? Une bonne solution

Toutes les technologies citées précédemment sont sans fil. Dans un appartement, dans bien des cas, rien de compliqué. Il y a la box qui distribue le WiFi… Et pour un pont vers des technologies Zigbee, il y a un « pont » qui va être connecté à la box. Ceci fera que tout ce qui se commande en Wifi à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone se transfèrera via le pont Zigbee vers les appareils connectés. Le Zigbee offre une technologie très sophistiquée. Elle est capable de dialoguer en simultané avec plusieurs appareils. Mieux ! Elle peut se servir de certains appareils connectés pour relayer les informations vers des appareils qui ne seraient pas accessibles par les ondes émises par le pont. C’est ce que l’on appelle la technologie Mesh.

Tous des équipements compatibles ?

La compatibilité dépend de la technologie utilisée… Si les équipements sont Zigbee, ils vont utiliser les spécifications de la technologie, et ce qui a fait émerger ces technologies sur les 10 dernières années, c’est le fait qu’il y avait un consensus sur l’intérêt de chaque industriel à accepter cette compatibilité. La même idée qui a fait en son temps le succès du PC qui avait tué dans l’œuf des centaines d’autres idées propriétaires. Néanmoins, cette fois, le Zigbee n’a pas été pensé pour être le plus petit commun dénominateur en excluant le meilleur au profit du service de base. Il est ouvert à toutes les propositions qualitatives et peut se commander par tout type de pont qui respectera la norme au moins pour un service donné. Par exemple, pour des lampes, il y a une compatibilité avec toutes les marques de lampes qui respectent la norme, même si elles n’ont pas toutes les mêmes fonctionnalités : on voit cela avec les lampes Philips Hue, Osram , Ikea et quelques autres. Pareil avec les robinets thermostatiques sur les chauffages à base d’eau chaude ou le pilotage de radiateurs électriques.

Pour conclure, rapidement, on peut faire des choses assez proches avec la technologie Zwave nettement moins sophistiquée et pas pour autant moins chère.

Olivier Pavie

 

 

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Ecrans 8K, Oled et Micro-led

Alors que les écrans 4K se démocratisent dans les foyers, Olivier Pavie, consultant et formateur dans les Technologies, le Numérique et le Marketing Digital nous parle cette semaine des écrans de télévision 8K qui commencent à poindre le bout de leurs pixels. Alors pourquoi une telle nouveauté ?

Pourquoi du 8K ? Comme pour toute innovation, on peut se poser la question, mais ici, il faut voir les choses plus largement, ce qui est le cas de le dire. Certes la résolution 8K signifie 7680 pixels de large par 4320 pixels de haut. La 4K quant à elle signifie 3840 pixels de large pour 2160 pixels de haut. Le 8K est donc 4 fois plus de résolution que le 4K et du coup 16 fois plus que la HD.

Un ecran 8K Sony Full Led ZG9 en technologie classique LED avec un rétroéclairage LED complet, d'où l'appellation Full LED

A quoi cela peut-il servir ?

Pour l’instant la 8K est démonstrative ; il n’y a pas aujourd’hui de contenus disponibles dans cette résolution à part quelques-uns au Japon. Mais notez tout de même que cette résolution 8K signifie des images en 33 millions de pixels. Et là, vous constaterez que l’on trouve des appareils photo capables de prendre des photos jusqu’à une résolution de 50 millions de pixels comme les appareils reflex Canon 5DS et que beaucoup d’appareils photo haut de gamme ont une résolution d’au moins 30 millions de pixels. Les écrans 8K peuvent donc servir des besoins d’affichage très qualitatif, surtout en fonction de la technologie d’affichage utilisée, Oled ou micro-leds.

Technologie Oled ou micro-leds ?

Deux technologies de très grande qualité sont d’ores et déjà en concurrence pour l’affichage qui dépasse les classiques technologies LED. L’Oled est le plus connu. Originellement commercialisée par LG, la technologie Oled n’a pas besoin de ce que l’on appelle un rétroéclairage comme pour les écrans LED ou LCD qui utilisent des cristaux liquides. Chaque pixel ou point d’un écran Oled est ce qu’on l’on appelle auto-émissif. Chaque point agit en quelque sorte comme une lampe pouvant afficher toutes les couleurs possibles ou être éteinte. Ceci a pour résultat un noir parfait quand la lampe est éteinte alors qu’avec la technologie de rétroéclairage, il y aura toujours un halo de lumière qui arrivera à passer entre chaque point de couleur allumé ou éteint, ce qui ne permettra pas un contraste infini. L’Oled signifie Organic Light-Emitting Diode ou, en français diode électroluminescente organique. Le terme organique vient du fait que l’on travaille avec des matériaux issus de la chimie organique, c’est-à-dire de la chimie du carbone et de ses composés, naturels ou synthétique que l’on étudie au lycée.

Quelle différence avec les micro-leds ?


La technologie micro-leds est basée sur les leds ou diodes électroluminescentes. Les leds, ce sont des composants électroniques que l’on utilise depuis des décennies pour faire des voyants verts, rouges, jaunes dans les véhicules et sur plein d’équipements électroniques. On a tous une télévision qui a un voyant rouge allumé quand la TV est en veille. Bref, on le sait, depuis ces dernières, les usages des leds ont explosé avec l’arrivée des lampes à leds qui ont remplacé les lampes à incandescence, les lampes halogènes et les lampes fluo. Il y a même des lampes à leds qui changent de couleurs comme on le veut. Eh bien, les écrans micro-leds reprennent la même technologie mais pour faire des leds microscopiques de la taille d’une tête d’épingle. Si LG a pour fer de lance l’Oled, c’est Samsung qui a les micro-leds en fer de lance, à tel point qu’au CES de Las Vegas en 2019, Samsung a montré le premier écran 8K fait à partir de micro-leds.

Y aurait-il une bataille commerciale en préparation entre Samsung et LG ?

Samsung n’a jamais adopté l’Oled et a toujours poussé le concept du LCD le plus loin possible, notamment avec le Qled. LG a été le pionnier de l’Oled et a même réussi à fédérer Sony depuis près de 3 ans sur cette technologie, et même Panasonic y est passé ainsi que d’autres fabricants. Samsung est un géant qui va avoir lui aussi sa propre technologie d’autant plus concurrentielle de l’Oled qu’elle est plus fiable à long terme en matière de qualité des couleurs. Ce qui est intéressant, c’est quand même que les deux technologies vont pouvoir cohabiter car elles n’ont pas forcément que des applications concurrentes : on ne peut pas faire des écrans enroulables en micro-leds et en Old on ne peut par exemple pas faire des écrans ayant toutes les hauteurs et largeurs possibles et imaginables.

 

Bref, tant de choses encore à découvrir et à imaginer grâce à ces deux technologies. Le fait qu’elles soient utilisées en concurrence pour dynamiser la Télévision 8K n’est finalement qu’anecdotique.

 

Olivier Pavie avec la participation d’André Sanchis sur RCF Méditerranée

Note : la photo de l’écran 8K Sony Full Led ZG9 en technologie classique LED est avec un rétroéclairage LED complet, d’où l’appellation Full LED qu’utilise Sony. Ce n’est ni du Oled, ni du Micro-led.

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Mise en conformité RGPD : 2019 ou rien

2019 ou l’année de la mise en conformité RGPD… Une année qui marque un tournant dans la responsabilisation des entreprises en matière de sécurisation de leur informatique et des données personnelles qu’elles stockent et traitent.

La loi RGPD a été promulguée le 25 mai 2018. Elle demandait déjà aux entreprises de passer à la mise en conformité RGPD. On parle de toutes les entreprises : très petites, petites et grandes, y compris les autoentrepreneurs, les commerçants, les artisans, professions libérales, associations, etc.

Pourquoi la mise en conformité RGPD et de quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une loi… C’est une obligation… Européenne… Il faut comprendre l’intérêt de cette loi avant de vouloir lui trouver une forme d’abus. Cette loi RGPD signifie Règlement Général de Protection des Données personnelles (des membres de l’union européenne). Son but est de préserver la vie privée des personnes. Cela doit leur permettre de gérer les informations qu’elles veulent bien partager, ou pas, à n’importe quel moment de leur vie. Chaque entreprise possède des données personnelles pour un usage interne comme le contrat de travail, le CV, les fiches de paie, etc. Mais elles ont aussi aussi des données sur l’intérêt que portent des personnes aux produits et services de l’entreprise. Souvent les entreprises ne se rendent pas compte de l’importance de ces données qui revêtent un aspect stratégique quant à leur activité. Les commerciaux et les professionnels du marketing quant à eux ont une bonne vision de cela.

La mise en conformité consiste à prendre conscience de la valeur de ces informations, de leur donner un indice de valeur et un niveau de protection adéquat. Il y a des données sensibles comme le numéro de sécurité sociale, les revenus, les données de cartes bancaires et de comptes, les opinions politiques et religieuses, les orientations sexuelles, les données relatives à la santé, etc. Ne pas se mettre en conformité fait prendre des risques à l’entreprise…

Quels risques pour une non conformité RGPD?

Cela commence par des risques d’amendes et des procès avec des personnes ou des groupes de personnes. Si les autorités n’ont pas tout de suite appliqué la loi RGPD pour tout le monde dès le 25 mai 2018, cela n’a pas trainé non plus. Deux semaines après l’entrée en vigueur de la loi, une première amende de 250.000 euros a été adressée à Optical Center pour une faille de sécurité non corrigée depuis 2017.  Uber s’est vu infliger une amende de 400.000 euros pour atteinte à la sécurité des données des utilisateurs, pas assez protégées, Bouygues Telecom, 250.000 euros, etc. Il est à noter qu’une association, l’ADEF, dont la mission est la mise à disposition de logements dans des résidences et foyers notamment pour des étudiants, des familles monoparentales et des travailleurs migrants, s’est aussi vu infliger une amende de 75.000 euros pour une mauvaise sécurisation des données.

On le voit, le cœur de la problématique est la sécurisation des données personnelles. Cela se comprend, comment penser qu’une compagnie d’assurance va garantir certains services si elle sait qu’une personne a des risques sur sa santé à court ou moyen terme ??? Une fuite de données par piratage, ou même par simple négligence n’est plus pardonné. Et la loi oblige même à déclarer ce genre de sinistre auprès de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) dans les 72 heures.

Pourquoi encore parler de cette mise en conformité en ce début 2019 ?

Parce que beaucoup d’entreprises n’ont rien fait. Selon une étude réalisée par Kaspersky et Euler Hermes, 18 % des PME victimes de cyberattaques en 2018 étaient basées dans le sud-est de la France. Non seulement c’est dangereux pour l’entreprise, mais ne pas se protéger est devenu réellement illégal.

Quelles sont donc les conséquences de l’absence d’une mise en conformité RGPD

Perte de crédibilité, perte de clientèle, risques pour l’entreprises et ses employés. Les autorités n’aiment pas que des entreprises jouent avec le feu et prennent des risques avec leur activité et donc avec leurs employés. Ceux qui auront fait le nécessaire auront plus d’opportunités de se développer. On est dans une chaîne alimentaire. Les entreprises qui ne se soumettent pas à la loi RGPD ne pourront plus travailler avec les entreprises qui se préoccupent de leur conformité. Les risques de non-conformité au RGPD présentent des risques pour les entreprises qui sont en conformité et elles ne voudront pas travailler avec des entreprises qui ne s’en soucient pas.

Olivier Pavie

https://www.economie.gouv.fr/entreprises/reglement-general-sur-protection-des-donnees-rgpd

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