protection des données : guerre économique, le numérique est une arme stratégique

protection des données : guerre économique, le numérique est une arme stratégique

Cet article fait suite à l’affaire de suspicion d’espionnage entre la Chine et les Etats-Unis via Huawei. Dans ce cadre, Olivier Pavie propose de regarder le numérique d’une autre façon. Plus précisément comme une arme stratégique dans le cadre de la guerre économique qui se livre sur toute notre planète. La protection des données personnelles est au coeur de la menace.

Je reviens sur l’affaire Huawei qui ne montre qu’une partie émergée de l’Iceberg sur la protection des données. Et leur implication. Je compte montrer ici à quel point le numérique est stratégique. Notamment en termes de relations commerciales entre les états et leurs politiques. L’affaire Huawei, menée initialement par l’administration Trump, a fait cesser les relations commerciales entre Google et Huawei. Ceci a forcé le fabricant chinois de téléphones à trouver une autre option. Ceci pour remplacer le système Android de Google qui équipe ses téléphones. Le chinois va développer son propre système. Ce qui, dit en passant, n’est pas une mince affaire. Mais le plus important n’est pas cela. Là où cela va très loin, c’est que l’interdiction de travailler avec le chinois s’impose à toutes les sociétés américaines. Et ce n’est pas tout ! Y compris à toutes sociétés internationales qui utilisent plus de 25% de technologies américaines.

En matière de protection des données et d’espionnage

Donald Trump de son passage au Royaume-Uni fin mai a fait du bruit. Il a essayé d’imposer à la société Arm Holdings de cesser de travailler avec Huawei. Pourquoi ? Pour des raisons supputées d’espionnage… Et donc notamment de protection des données personnelles. Il faut savoir que ARM, compagnie anglaise, détient les brevets sur les processeurs ARM qui équipent 99% des smartphones. On peut ajouter qu’elle appartient à 75% au Japonais Softbank. Bref, avec un coup comme ça, le chinois pourrait tout simplement disparaître. Sauf que, rien qu’au Royaume-Uni, les réseaux mobiles d’opérateurs comme Vodafone s’équipent en grande partie de matériel fabriqué par Huawei. En raison du déploiment, notamment, de la 5G. Et le chinois équipe des réseaux d’opérateurs dans le monde entier, y compris aux états unis.

Hégémonie américaine ? De quel droit ?

Si on revient sur le fond, tout cela est incroyable. A quel titre Donald Trump pourrait-il imposer à une société anglaise comme ARM d’établir un black-out sur une compagnie chinoise ? Il tente de jouer la carte psychologique pour « renforcer sa bonne entente » avec la couronne d’Angleterre. Cette dernière n’ayant pas l’intention de réserver un mauvais sort à Huawei.La protection des données personnelles est au coeur de la menace sur la protection des données personnelles Le moins que l’on puisse dire c’est que cette affaire Huawei est un exemple en matière de guerre économique! Et d’importance sur la protection des données personnelles. Mais il y en a d’autres encore, plus stratégiques ! On n’y pense pas forcément du premier coup… Pourtant, ils semblent évidents.

Rien de simple dans cette affaire qui est une vraie guerre économique

L’hégémonie américaine sur les technologies est imposante. Surtout cette menace qui pèse encore plus avec l’administration Trump! Elle est capable d’imposer des représailles d’une manière ou d’une autre. Toutefois, elle permet aux concurrents de se trouver des marchés sérieux. C’est le cas de la France qui arrive depuis longtemps à vendre des avions, des hélicoptères, des armes, des satellites qui utilisent le numérique. Et il n’y a pas forcément de programmes informatiques dans lesquels les américains aient la moindre parcelle de propriété intellectuelle. Et pour ce qui concerne les processeurs, ce n’est pas plus compliqué. Avec les puces ARM qui sont anglaises d’origine et non pas américaines, on peut travailler.

Des exemples sur le numérique comme d’une arme stratégique

Il y a un exemple récent et évident du numérique comme arme stratégique qui est traduit par le RGPD, le règlement européen sur la protection des données personnelles des citoyens de l’union européenne. Pourquoi un tel règlement ? Parce que l’hégémonie américaine impose ses lois et qu’elle permettait aux états unis de pouvoir se servir de toutes les données, personnelles ou pas d’ailleurs, qu’elle voulait partout où il y a des sociétés américaines implantées dans le monde. Le RGPD a permis de prendre conscience de la valeur des données personnelles et de la protection des données personnelles. Elle oblige toutes les sociétés, associations, professions libérales, autoentrepreneurs, artisans et autres professionnels de prendre soin des données personnelles qu’elles détiennent.

Un projet de décret RGPD adapté par la CNIL en septembre 2019

Le projet de décret français sur le RGPD revu par la CNIL a été publié au journal officiel le 30 Mai 2019 pour des adaptations par decret de la loi en cours sur Septembre ou Octobre 2019. Globalement, tous les professionnels, y compris les multinationales américaines implantées en Europe qui doivent détailler, comme les autres, ce qu’elles font de la protection des données personnelles de leurs employés, de leurs clients, de leurs fournisseurs, de leurs sous-traitants, etc.  Et ces données personnelles doivent être protégées du mieux que l’on puisse, ne peuvent pas être utilisées de manière inappropriée, …

Le sacre de la protection des données personnelles

Les données personnelles sont devenues officiellement sacrées et Google, avec 50 Millions d’euros d’amende en janvier 2019 a été un des plus lourdement sanctionnés en France par la CNIL à cause de la légèreté avec laquelle il traite les données personnelles. Certes, le RGPD ne traite pas que du numérique mais aussi du papier, mais si on regarde les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), on voit bien que le papier n’est qu’une poussière dans un océan de données numériques.

Et si on revient sur le côté stratégique de la chose, cette amende infligée à Google en France, et rien ne dit que les autres états membres de la communauté européenne ne vont pas faire pareil, montre bien la réponse du berger à la bergère en matière de représailles économiques possibles sur l’échiquier mondial. Et nous n’en sommes qu’au début !

 

Chronique diffusée sur RCF le 11 Juin 2019

 

Continuer la lecture...

Loi Mobilité et NVEI : pourquoi et quand ?

Loi Mobilité et NVEI : pourquoi et quand ?

Les trottinettes électriques et Nouveaux Véhicules Electriques Individuels ou NVEI font couler beaucoup d’encre. Les médias généralistes se font l’écho des frayeurs d’une minorité ; la loi mobilité est là pour recadrer le contexte de ces empêcheurs de tourner en rond.

Olivier Pavie est utilisateur d’un NVEI*. Depuis plus de deux ans et ayant plus de 10000 km au compteur de sa gyroroue, il analyse la situation. Il démontre que le cadre légal envisagé de la loi mobilité est simplement adapté. Il permet de voir naître des assurances qui n’existaient pas pour l’instant de protection de l’utilisateur.

D’accord avec la loi mobilité qui entrera normalement en vigueur en septembre 2019 ?

La loi n’a rien d’extraordinaire, elle ne fait que replacer le NVEI au rang du vélo dans notre circulation de tous les jours et dans celui du code de la route. Si on se remet dans le contexte, un vélo n’a pas le droit de rouler sur un trottoir. Il doit être conduit à la main avec pieds à terre… Par ailleurs, il y a une loi qui existe depuis longtemps qui limite la vitesse des véhicules non immatriculés à 25 km/h. Or, un vélo n’est pas immatriculé. Donc il ne doit pas dépasser les 25 km/h. Idem pour les vélos électriques qui font partie des NVEI. Un vélo a le droit de circuler sur la voie publique. Les détenteurs d’un permis de conduire ne s’amusent pas à les culbuter pour le plaisir.

Pourquoi une nouvelle loi mobilité sur le NVEI ?Loi mobilité : la gyroroue fait partie des NVEI utilisables à des vitesses de moins de 6 km/h autorisés de principe par les articles de loi R412-43 et R412-34 du code de la route

Parce qu’il y avait un vide juridique. Pas de mention donc pas de sanctions. Si ce n’est l’abus de droit comme certains maires ont choisi en interdisant purement et simplement ces véhicules. Ceci où que ce soit ou presque au vu des abus des individus, et certes, il y en a. De mon côté, je roule sur les trottoirs très souvent depuis plus de deux ans. Je respecte doublement le code de la route. En effet, les gyropodes tels que les gyroroues sont acceptées par le code de la route via les articles R412-34 et R412-43. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas de guidon qui occupe les mains. Elles sont capables de rouler à moins de 6 km/h, c’est à dire de rouler à la vitesse d’un piéton. Ceci en sachant qu’un gyropode, comme la gyroroue peut être utilisé jusqu’à des vitesses inférieures à 1 km/h. Ce genre de véhicule peut aussi s’arrêter instantanément en posant tout simplement un pied à terre. Imaginez de rester en selle sur un vélo à moins de 6 km/h! Sans compter la place que prend le guidon sur un petit trottoir.

Perdre au change avec la loi mobilité ?

Je respecterai la loi qui sortira, et je comprends cette décision de remettre les choses en place. Ce qui est idiot, très souvent, c’est l’absence de discernement qu’ont les médias à ce sujet. Grosso modo, ils considèrent systématiquement l’utilisateur d’un NVEI comme un délinquant. Je vais être factuel. Sur les 10.000 km de pratique depuis Janvier 2017, j’ai croisé des milliers de personnes. Une très large majorité me respecte parce que je les respecte? et certainement aussi parce que la gyroroue est un véhicule qui intrigue très souvent petits et grands.

Toutefois, depuis plusieurs mois, en restant tout à fait respectueux, j’ai vu des gens me fustiger du regard… certains m’ont aussi fait des réflexions du genre vous n’avez pas le droit d’être là? Ce qui est faux. Surtout avec mon véhicule qui est une gyroroue. Je respecte la vitesse limite. Et, souvent,0 nettement moins en fonction des situations – qui me disent que je suis passible d’une amende de 135 euros, ce qui est évidemment faux à l’heure d’aujourd’hui sauf arrêté municipal spécifique, et qui sont capables de me dire qu’il est temps que cette loi passe. Ce sont des gens qui ne diront rien au passage d’un vélo sur un trottoir avec son conducteur dessus alors que c’est totalement interdit depuis toujours.

Pourquoi cette plaidoirie en faveur de la loi mobilité qui devrait passer en Septembre ?

Si je circule sur les trottoirs – et j’en ai le droit encore aujourd’hui sauf arrêté spécifique du maire – c’est pour la simple et bonne raison que je n’avais aucune protection juridique et possibilité d’assurance pour mon usage de ce véhicule. Dites-vous que ce véhicule m’a coûté 750 euros et que pour 10000 km j’ai dépensé 50 euros d’électricité et 75 euros de pneus, que j’ai dépensé 0 euro de parking, 0 euro de péage. Je n’encombre pas les routes, ni les trottoirs puisque je peux croiser quelqu’un sur un trottoir, ce qui est respectueux de la loi selon l’article R412-43 du code de la route où ne peuvent se croiser que deux personnes (et entre parenthèses, ce que de nombreux piétons ne respectent pas puisqu’ils continuent à avancer à 2 de front alors qu’ils doivent se mettre en file indienne et laisser le passage à la personne qui vient d’en face mais ce sont les mêmes mal élevés et mal informés qui vous font des réflexions). Bref, pourquoi sortir ma Clio IV diesel qui consomme 6 litres aux 100 km en ville soit 9 euros aux 100 km???

Des économies et une facture énergétique ridicule

J’aurais ainsi non pas payé 50 euros d’électricité pour mes 10.000 km mais environ 900 litres de gasoil soit  1400 euros de gasoil en plus des parkings et du temps gaspillé dans les encombrements ? En plus, quand je me déplace avec ma voiture, j’emmène toujours mon véhicule électrique dans le coffre qui ne prend aucune place ou presque et ne pèse que 12 kg. Il me fait économiser le parking partout où je vais. En 2018, j’ai même effectué un trajet 100% électrique en partant de chez moi avec ma Gyroroue, en montant dans le TGV, puis en descendant à la Gare de Lyon en empruntant les pistes cyclables et couloirs de bus dans Paris pour me rendre à ma destination finale.

Ma plaidoirie est que s’il faut un cadre légal pour l’usage, il faut l’accompagner d’une démarche répondant à la logique du monde qui doit économiser les sources de C02, donc respecter les initiatives liées à cet état de fait. Le fait que des assurances soient désormais disponibles sur ce sujet pour pouvoir rouler en sérénité sur les pistes cyclables et sur les voies publiques au cas où il n’y ait pas de pistes cyclables en agglomération, me rend serein sur l’usage que je peux continuer à faire de ma gyroroue.

Avez-vous souscrit à ce genre d’assurance ?

Bien sûr, j’ai mes trois enfants qui exploitent ma seconde gyroroue régulièrement et je suis très heureux d’avoir pu nous assurer pour un usage normal, « familial », pas « en dehors des clous » alors que notre planète et nos modes de vie nous obligent à penser à ce genre de moyen de transport. Je peux ajouter que les prix des billets de train en région sont toujours bien trop chers et insuffisamment fiables pour envisager un usage régulier et serein.

 

Olivier Pavie

Chronique diffusée sur RCF le 14 mai 2019

*une gyroroue qui fait partie des NVEI utilisables à des vitesses de moins de 6 km/h autorisés de principe par les articles de loi R412-43 et R412-34 du code de la route.

Continuer la lecture...

Reconstruction de Notre-Dame de Paris : grâce au numérique ?

Reconstruction de Notre-Dame de Paris : grâce au numérique ?

Le numérique au secours de la reconstruction de Notre-Dame de Paris ? L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame le 15 Avril 2019 a été un choc et un drame. Ceci pour tous les chrétiens, et, globalement pour le monde entier, quelles que soient les croyances et opinions.

Notre époque et le numérique peuvent aider à la reconstruction de Notre-Dame plus rapidement. Olivier Pavie pose un regard optimiste sur la situation. Il montre que le monde du numérique et des nouvelles technologies contribuera à accélérer la renaissance de ce symbole universel.

Reconstruction de Notre-Dame , en quoi le numérique peut-il aider?

Reconstruction de Notre-Dame

Le sujet est vaste. Je ne vais pas rentrer dans les détails ni dans les choix qui s’offrent pour la reconstruction de Notre-Dame. Que ce soit avec d’autres matériaux, avec ou sans un concours d’architecte, etc. Pour commencer, comme il n’est pas possible de construire ou reconstruire sans des plans précis, on peut déjà parler des plans de la cathédrale telle qu’elle était. On peut garantir que jamais dans les 856 ans d’existence de ce monument commencé en 1163, achevé près de deux siècles plus tard, on n’a eu autant d’informations la concernant. Notre-Dame de Paris est aujourd’hui un des lieux les plus documentés. A commencer par les photographies numériques prises par les 13 millions de touristes qui viennent la visiter chaque année. Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut.

Des scanners laser 3D utilisés pour Notre-Dame de Paris ?

Les travaux engagés récemment pour son entretien et sa sauvegarde ont nécessité d’être réalisés sur la base de relevés géométriques et structurels utilisant les dernières technologies. On parle ici de méthode classique de relevé mais aussi de scanner laser 3D. Il y a parfois des initiatives et concours de circonstances qui peuvent amener leur pierre à l’édifice si je peux dire. En 2010, Andrew Tallon, historien de l’art spécialiste de la représentation et de l’analyse architecturales par scanographie laser et dans l’architecture gothique avait entrepris la numérisation au laser 3D de l’intérieur et de l’extérieur de Notre Dame.

Un heureux hasard ?

Ce n’était pas vraiment un hasard. Cet historien malheureusement décédé en novembre 2018 à l’âge de 49 ans s’était résolument spécialisé dans l’art gothique français et sur les cathédrales. Il a numérisé plusieurs d’entre elles en France mais aussi à l’étranger, notamment la cathédrale de Canterbury en Angleterre. Il a publié un ouvrage sur Notre Dame de Paris en 2013 co-écrit avec un autre historien, Dany Sandron. En voici d’ailleurs le sujet : « à travers de saisissantes images de synthèse, réalisées grâce à un relevé au laser en trois dimensions, cet ouvrage retrace visuellement les moments-clés de la construction de la cathédrale, puis les remaniements dont elle a été l’objet, jusqu’à la grande restauration de Viollet-le-Duc et Lassus au XIXe siècle. »

Un ouvrage intéressant sur la construction de Notre-Dame au cours des siècles

Cet ouvrage marquait le 850 ème anniversaire de la cathédrale. La précision de la numérisation qu’avait entrepris Andrew Tallon est de 5 mm. La cathédrale ainsi digitalisée a permis de collecter plus d’un milliard de points de référence pour toute la structure. Mais ce n’est pas tout pour ce qui concerne la numérisation. L’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft avait entièrement digitalisé la cathédrale en 2014 pour la rendre la plus réaliste possible dans un de ses jeux.

Des éléments suffisants ?

Plus il y a d’informations, mieux c’est. Il y a de nombreux plans de la cathédrale qui ont été faits par morceaux pendant des années. Ce que l’on sait c’est que l’intégralité du relevé de la charpente a été entrepris en 2014 par Rémi Froment et Cédric Trentesaux, deux architectes, et que cela leur a pris deux ans. Quelle que soit la méthode de reconstruction envisagée, y compris à penser à refaire une charpente, par exemple en titane, comme l’a évoqué le célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte en indiquant que c’est un matériau moderne, léger et extrêmement solide, on sait exactement et très précisément où se situent les appuis et points d’ancrage de toute la structure, en espérant toutefois qu’un minimum de pierres aient souffert de la chaleur des flammes car le calcaire dont sont faites les pierres a pour inconvénient de ne pas supporter des température trop élevées.

Optimisme pour Notre Dame de Paris

Tout montre que l’on peut être optimiste pour Notre Dame. Nous avons la volonté, nous avons les plans, nous avons le choix dans les projets et matériaux, nous avons les talents et le monde entier participe au financement d’une manière que l’on n’a jamais vue sur terre.

 

Chronique audio diffusée sur RCF le 23 avril 2019

 

 

Sources :

https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-numerique-peut-il-venir-au-secours-de-la-cathedrale-notre-dame.N832175

https://www.lemoniteur.fr/article/notre-dame-de-paris-devoile-son-ossature.590209

https://www.youtube.com/watch?v=VAMGRBGU9Js

https://www.amazon.fr/Notre-Dame-Paris-Dany-Sandron/dp/2840967685 

 

Continuer la lecture...

La blockchain, de la monnaie aux services

La blockchain, de la monnaie aux services

Peu de gens ont entendu parler de la Blockchain... A part certaines entreprises et des personnes ayant l'habitude de la finance... Mais si on vous parle du Bitcoin ? Cela devrait résonner aux oreilles de beaucoup de monde. Portrait d'une technologie qui risque de changer le monde dans tous les domaines

Combien de technologies vous présenter comme pouvant changer le monde ? Difficile à dire, il y en a tellement dans tellement de domaines… C'est le jeu de l'avenir des startups, de la finance, des petites et grosses entreprises et l'évolution de l'humanité… La blockchain est déjà un phénomène. Il y a à ce jour près de 200 milliards de dollars de capitalisation rien qu'en capitalisation financière. On peut découvrir ce qu'il en est au jour le jour sur le site coinmarketcap.com. Le fameux Bitcoin occupe la première place avec la moitié de la capitalisation. L'Ethereum est à la seconde avec 20 milliards. Les 98 monnaies totalisent les 80 milliards suivants. Ça c'est le côté cryptomonnaies.  Mais ce n'est que la partie qui émerge de l''iceberg.

La Blockchain peut servir à autre chose ?

Je vais vous expliquer le principe. La Blockchain rebat les cartes du tiers de confiance et de l'intermédiaire en général. Elle touche donc à tous les secteurs d'activité. Les banques et services financiers en premier, mais cela est en réalité beaucoup plus vaste. Tout le secret de la blockchain réside dans le fait qu'il s'agit d'un registre comme on en faisait en papier avant. Un registre dans lequel tout est enregistré mais cette fois avec quelque chose de fondamentalement nouveau. Le principe théorique de la Blockchain, c'est qu'il s'agit d'une base de données hautement sécurisée par chiffrement – ce que l'on appelle aussi le cryptage - entièrement décentralisée et distribuée sur le réseau sans appartenir en majorité à une compagnie ou une personne en particulier.

Comment la blockchain peut-elle être aussi sécurisée?

A cela on ajoute que la moindre transaction est enregistrée puis stockée pour toujours en sachant qu'on ne peut pas créer une transaction qui ne dépende pas de celle d'avant où qu'elle soit dans le monde. La trace est indélébile. La blockchain n'appartient pas à une personne ou une compagnie grâce à une gestion spécifique de la preuve d'un consensus distribué sur l'ensemble des acteurs : pas possible d'enregistrer une transaction sans qu'il y ait acceptation par une majorité. Or il y a plusieurs technologies ou principes fondamentaux qui peuvent être utilisés. On parle de preuve de travail dans le cas de l'ancêtre, le Bitcoin qui date de 2009 et de preuve d'enjeu dans l'Ethereum.

On parle beaucoup d'argent dans cette blockchain, mais à quoi cela peut-il servir d'autre ? On peut créer des blockchains qui n'ont pas forcément besoin d'un consensus ouvert au public comme pour une cryptomonnaie. On peut imaginer d'utiliser une blockchain pour tracer des biens de valeur, pour tracer l'origine d'aliments depuis la production jusqu'à la consommation, gérer des contrats d'assurance, tracer les diamants, tracer les pièces détachées d'origine, authentifier un serveur informatique, etc.

La raison principale de ce changement de technologie, c'est le gouffre énergétique que représente la technologie du Bitcoin qui requiert beaucoup de ressources informatiques pour être tout ce qu'elle est. Le problème de la preuve d'enjeu est qu'elle est un peu moins fiable que la preuve de travail. Des monnaies comme PeerCoin et Decred utilisent une technologie hybride. Mais la Blockchain peut servir à beaucoup d'autres choses. Disons que si on ne parle plus d'argent, on comprend facilement l'importance de la fiabilité de la blockchain dans les transactions.  C'est à partir de là que l'on peut mieux comprendre que cette bonne technologie permet d'envisager toutes sortes d'outils de gestion sécurisés et infalsifiables. On peut envisager du coup un usage pour certifier des documents importants comme des actes notariés, des actes d'état-civil.

Est-ce compliqué pour une entreprise ou une autorité de mettre une blockchain en place ?

On peut créer des blockchains qui n'ont pas forcément besoin d'un consensus ouvert au public comme pour une cryptomonnaie. On peut imaginer d'utiliser une blockchain pour tracer des biens de valeur, pour tracer l'origine d'aliments depuis la production jusqu'à la consommation, gérer des contrats d'assurance, tracer les diamants, tracer les pièces détachées d'origine, authentifier un serveur informatique, etc. On pourrait imaginer que cela s'avère compliqué, mais avec ce qui existe en matière des services sur Internet aujourd'hui avec le Cloud, on trouve des environnements de blockchain prêts à l'emploi si je puis dire. Par exemple, Microsoft a déployé sur son service Azure un kit de développement de blockchain. On voit que l'usage n'est plus du tout dans un domaine utopique.     https://coinmarketcap.com/
Continuer la lecture...

Intelligence artificielle, en avoir peur ou pas ?

Intelligence artificielle, en avoir peur ou pas ?

L’intelligence artificielle s’invite un peu partout depuis ces derniers mois, Olivier Pavie, consultant et formateur dans les Nouvelles Technologies, le Numérique et le Marketing Digital nous fait part de son ressenti et des limites du fantasme.

C’est un peu une tribune que je m’offre aujourd’hui sur ce sujet de l’intelligence artificielle. Ce qu’il faut commencer par noter, c’est que l’on parle d’intelligence artificielle. L’intelligence par définition mentionne la faculté d’adaptation. On imagine facilement sur cette base que l’intelligence artificielle consiste à donner de la faculté d’adaptation à des machines conçues par l’homme. Or, des experts en psychologie ont essayé de définir l’intelligence en 1986 sans arriver à bâtir un consensus.

Définition de l’Intelligence Artificielle

Andreas Kaplan et Michael Haenlein définissent l’intelligence artificielle comme « la capacité d’un système à correctement interpréter des données externes ». Ils y ajoutent l’apprentissage de ces mêmes données. Mais aussi l’utilisation de ces enseignements afin de réaliser des objectifs et des tâches spécifiques avec une adaptation flexible. Si on se réfère à cette dernière définition, on peut dire que l’on est dans le concept de système expert. On en parle depuis déjà des dizaines d’années! On est dans l’ouvrier, l’agent de maîtrise et l’aide à la décision? Ceci avec des systèmes capables d’évaluer et proposer mais pas de décider… Ou alors par programmation spécifique selon des cas bien identifiés et identifiables. On peut l’imaginer très simplement pour la voiture autonome : la voiture autonome sera-t-elle capable d’être intelligente ou considérée comme telle ?

Une intelligence artificielle vraiment intelligente ?

Ce que je veux essayer de démontrer c’est que cette intelligence n’est pas intelligente au sens propre. On ne peut la considérer comme ayant un esprit de décision final sur un cas inconnu. Le propre de l’homme est de faire des choix à n’importe quel moment. Que ce soit en territoire connu ou inconnu, à bon escient et certainement aussi à mauvais escient. Mais tout ceci étant fait dans une lucidité qui lui est propre à un instant t, basée sur ses connaissances, son expérience et ce qu’il est lui-même. Ce qui manque à mon avis dans la définition de l’intelligence en général, c’est l’esprit de décision, la lucidité et l’être que l’on est chacun. L’intelligence n’est pas qu’une adaptation.

L’intelligence, une simple adaptation ?

Comment imaginer que la pomme de pin soit intelligente ? Ce qui fait qu’elle existe, c’est que le pin a naturellement subi des contraintes liées au feu. Ces contraintes ont impliqué que son existence ne réside que dans le fait que les seules mutations qui auront survécu sont celles qui la font exister aujourd’hui. C’est Darwinien. Seul l’homme possède de l’intelligence à la fois innée, acquise et sujette à interprétation, déduction et décision. La machine à « intelligence artificielle » ne sera dangereuse pour l’homme que lorsque l’homme lui donnera le pouvoir de décision final, ce qui serait pure folie si on se réfère aux lois très intelligentes d’Asimov sur le rôle du robot et sa fonction de sauvegarder l’humain à tout prix.

En définitive, avoir peur ou pas de « l’intelligence artificielle » ne dépendrait-il pas du niveau d’optimisme de chacun sur l’humanité. Evidemment, ceci n’engage que moi.

 

Olivier Pavie

 

Sternberg, Robert J., and Douglas K. Detterman, eds. What is intelligence?: Contemporary viewpoints on its nature and definition. Praeger Pub Text, 1986.
1. ↑ a b c d e f g h et i (en) « Intelligence: Knowns and unknowns. », American Psychologist, vol. 51, no 2,‎ 1er février 1996 (ISSN 1935-990X et 0003-066X, DOI 10.1037/0003-066X.51.2.77, lire en ligne [archive], consulté le 11 février 2017)
Andreas Kaplan; Michael Haenlein (2019) Siri, Siri in my Hand, who’s the Fairest in the Land? On the Interpretations, Illustrations and Implications of Artificial Intelligence, Business Horizons, 62(1), 15-25 [archive]

Continuer la lecture...