Reconstruction de Notre-Dame de Paris : grâce au numérique ?

Reconstruction de Notre-Dame de Paris : grâce au numérique ?

Le numérique au secours de la reconstruction de Notre-Dame de Paris ? L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame le 15 Avril 2019 a été un choc et un drame. Ceci pour tous les chrétiens, et, globalement pour le monde entier, quelles que soient les croyances et opinions.

Notre époque et le numérique peuvent aider à la reconstruction de Notre-Dame plus rapidement. Olivier Pavie pose un regard optimiste sur la situation. Il montre que le monde du numérique et des nouvelles technologies contribuera à accélérer la renaissance de ce symbole universel.

Reconstruction de Notre-Dame , en quoi le numérique peut-il aider?

Reconstruction de Notre-Dame

Le sujet est vaste. Je ne vais pas rentrer dans les détails ni dans les choix qui s’offrent pour la reconstruction de Notre-Dame. Que ce soit avec d’autres matériaux, avec ou sans un concours d’architecte, etc. Pour commencer, comme il n’est pas possible de construire ou reconstruire sans des plans précis, on peut déjà parler des plans de la cathédrale telle qu’elle était. On peut garantir que jamais dans les 856 ans d’existence de ce monument commencé en 1163, achevé près de deux siècles plus tard, on n’a eu autant d’informations la concernant. Notre-Dame de Paris est aujourd’hui un des lieux les plus documentés. A commencer par les photographies numériques prises par les 13 millions de touristes qui viennent la visiter chaque année. Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut.

Des scanners laser 3D utilisés pour Notre-Dame de Paris ?

Les travaux engagés récemment pour son entretien et sa sauvegarde ont nécessité d’être réalisés sur la base de relevés géométriques et structurels utilisant les dernières technologies. On parle ici de méthode classique de relevé mais aussi de scanner laser 3D. Il y a parfois des initiatives et concours de circonstances qui peuvent amener leur pierre à l’édifice si je peux dire. En 2010, Andrew Tallon, historien de l’art spécialiste de la représentation et de l’analyse architecturales par scanographie laser et dans l’architecture gothique avait entrepris la numérisation au laser 3D de l’intérieur et de l’extérieur de Notre Dame.

Un heureux hasard ?

Ce n’était pas vraiment un hasard. Cet historien malheureusement décédé en novembre 2018 à l’âge de 49 ans s’était résolument spécialisé dans l’art gothique français et sur les cathédrales. Il a numérisé plusieurs d’entre elles en France mais aussi à l’étranger, notamment la cathédrale de Canterbury en Angleterre. Il a publié un ouvrage sur Notre Dame de Paris en 2013 co-écrit avec un autre historien, Dany Sandron. En voici d’ailleurs le sujet : « à travers de saisissantes images de synthèse, réalisées grâce à un relevé au laser en trois dimensions, cet ouvrage retrace visuellement les moments-clés de la construction de la cathédrale, puis les remaniements dont elle a été l’objet, jusqu’à la grande restauration de Viollet-le-Duc et Lassus au XIXe siècle. »

Un ouvrage intéressant sur la construction de Notre-Dame au cours des siècles

Cet ouvrage marquait le 850 ème anniversaire de la cathédrale. La précision de la numérisation qu’avait entrepris Andrew Tallon est de 5 mm. La cathédrale ainsi digitalisée a permis de collecter plus d’un milliard de points de référence pour toute la structure. Mais ce n’est pas tout pour ce qui concerne la numérisation. L’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft avait entièrement digitalisé la cathédrale en 2014 pour la rendre la plus réaliste possible dans un de ses jeux.

Des éléments suffisants ?

Plus il y a d’informations, mieux c’est. Il y a de nombreux plans de la cathédrale qui ont été faits par morceaux pendant des années. Ce que l’on sait c’est que l’intégralité du relevé de la charpente a été entrepris en 2014 par Rémi Froment et Cédric Trentesaux, deux architectes, et que cela leur a pris deux ans. Quelle que soit la méthode de reconstruction envisagée, y compris à penser à refaire une charpente, par exemple en titane, comme l’a évoqué le célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte en indiquant que c’est un matériau moderne, léger et extrêmement solide, on sait exactement et très précisément où se situent les appuis et points d’ancrage de toute la structure, en espérant toutefois qu’un minimum de pierres aient souffert de la chaleur des flammes car le calcaire dont sont faites les pierres a pour inconvénient de ne pas supporter des température trop élevées.

Optimisme pour Notre Dame de Paris

Tout montre que l’on peut être optimiste pour Notre Dame. Nous avons la volonté, nous avons les plans, nous avons le choix dans les projets et matériaux, nous avons les talents et le monde entier participe au financement d’une manière que l’on n’a jamais vue sur terre.

 

Chronique audio diffusée sur RCF le 23 avril 2019

 

 

Sources :

https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-numerique-peut-il-venir-au-secours-de-la-cathedrale-notre-dame.N832175

https://www.lemoniteur.fr/article/notre-dame-de-paris-devoile-son-ossature.590209

https://www.youtube.com/watch?v=VAMGRBGU9Js

https://www.amazon.fr/Notre-Dame-Paris-Dany-Sandron/dp/2840967685 

 

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Les assistants vocaux

Les assistants vocaux

En 2018, il s’est vendu des millions d’assistants vocaux dans le monde : à quoi servent-ils, comment fonctionnent-ils. Pourquoi sont-ils un gros sujet ?

On les trouve dans tous les magasins tels que la Fnac, Darty, Boulanger, sur les sites Internet, etc. Ils existent sous plusieurs formes. Ils fonctionnent de manière autonome ou avec les systèmes Echo d’Amazon, Google Assistant de Google, Apple HomeKit… On peut même en fabriquer soi-même pour quelques euros…

Qui sont ces assistants vocaux ?

Les assistants vocaux sont des appareils équipés de micros qui écoutent en permanence en attendant un ordre. Ils ne se déclenchent que selon une commande vocale précise. Par exemple, avec Echo d’Amazon, si on est abonné à Spotify ou Amazon Musique, on va parler à Alexa. « Alexa, joue-moi la boîte de Jazz de Michel Jonasz ». Alexa est le mot déclencheur. L’assistant vocal répond, voici la boîte de Jazz de Michel Jonasz sur Amazon Music. Le but de ces assistants est de simplifier la vie des utilisateurs. Et cela sans qu’il y ait à sortir sa tablette ou son smartphone pour commander des actions.

Cet usage est-il trivial ?

On pourrait croire que ces appareils puissent être triviaux. C’est à la fois vrai et faux. En effet, il faut voir que les actions ne s’arrêtent pas à jouer de la musique ou lancer une station de radio. On peut par exemple allumer des lampes dans des pièces. Il suffit d’une commande du genre Alexa, allume la lampe du salon. On peut aussi dire : » Alexa, diminue l’intensité de la lampe du salon, etc ». Pour cela il faut évidemment qu’il y ait des lampes connectées dans la maison… Amazon Echo, Google Home et Apple HomeKit pilotent les lampes connectées Philips Hue.

La maison connectée peut-elle vraiment être pilotée par la voix ?

Pour la maison globalement connectée, on en est encore aux balbutiements. Et surtout il y a encore peu d’acteurs. Mais on peut déjà piloter le chauffage dans chaque chambre. Il y a déjà les produits NetAtmo, assez chers, mais aussi la marque Tado, Nest, et d’autres à venir. On reviendra sur cette maison connectée dans une autre chronique, il y a plein de choses à dire.

Assistants vocaux, quelles fonctions ?

Si je reviens sur le rôle des assistants vocaux et leurs fonctions, il y en a plein. Elles peuvent être utilisées au quotidien. Les assistants utilisent une technologie d’intelligence artificielle pour reconnaître et comprendre ce que vous demandez. Les demandes peuvent aller depuis demander une traduction d’un mot voire une phrase d’une langue à une autre. On peut aussi demander le flash info d’actualité ou de météo locale et nationale. Si vous demandez de raconter une blague, ça marche aussi. Vous vous posez des questions sur ceci ou cela, ça répond ! Rappeler les anniversaires et les rendez-vous d’affaires est possible. Il y a encore créer une « todo list » ou « liste de choses à faire » pour la semaine à venir, etc.

Les fonctions peuvent-elles s’étendre ?Assistants vocaux : Enceinte portable JB Link 10 Blanche avec Assistant Google integre

Il y a même des extensions possibles fournies par des éditeurs de services. C’est là qu’on va trouver les passerelles vers la maison connectée, mais pas que… Il y a aussi les fournisseurs de musique en ligne, les billetteries de spectacles, etc. La liste des services est très longue. Autant que celle que l’on peut trouver sur l’App Store d’Apple. Il y en a également sur le Google Play. Il s’agit d’applications pour les matériels de type tablettes, smartphones et même petits portables sous Android.

Concrètement, comment se présentent ces assistants ?

Sur un point de vue pratique et technique, les assistants vocaux se présentent de deux façons. La version la moins chère se présente comme des petites boîtes munies d’un microphone et de quelques boutons. Dessus, on trouve aussi des sorties audio pour les brancher. Soit en entrée d’une chaîne Hifi. Soit en entrée sur une enceinte connectée avec la possibilité de se connecter en Bluetooth. La seconde manière dont cela se présente, c’est aussi sous la forme d’enceintes connectées. Elles intègrent cette fois l’assistant vocal, c’est le cas de certains produits chez Google, Apple et Amazon.

Peut-on en créer soi-même ?Les assistants vocaux

Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a aussi les assistants vocaux que l’on peut s’amuser à créer soi-même. Cela se passe à partir de petites cartes électroniques et de programmation. Le magazine Programmez que l’on trouve en kiosque, dans son Numéro 227 de Mars 2019, titre sur les assistants vocaux. Vous comprendrez la manière de les faire soi-même et de les programmer.

En bref, si déjà on aime tester et s’amuser

Si on est fan de technologies, on trouve des assistants chez Amazon à partir d’une trentaine d’euros. C’est amusant et simple à mettre en œuvre. Avec les propositions d’abonnements gratuits, par exemple pour 15 jours à un service en ligne du genre Amazon Premium Music, il faut juste s’assurer que l’on ne vous abonne pas malgré vous. Si vous ne dites pas oui, quand on vous pose la question, ils ne le font pas. Mais jeter un œil sur son compte n’est pas forcément inutile.

Astuce intéressante, un assistant vocal simple, sans enceinte peut servir à transformer la chaîne HiFi en enceinte connectée bluetooth.

 

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Maison connectée : quelles technologies ?

Tout a changé pour la maison connectée depuis que les Box des opérateurs se sont installées dans tous les foyers. Les réseaux s’interconnectent, chacun adapté à des usages très appropriés.

Dans la maison connectée, il y a des technologies différentes de réseaux . Il y a des technologies connues comme le WiFi. Il existe en plusieurs normes qui relie les équipements les plus voraces en débits de données.  Notamment pour la vidéo. Il y a ceux plus dédiés à des connexions de type audio comme le Bluetooth. Enfin, il y en a dédiées aux objets connectés. Elles ne demandent pas beaucoup de transfert d’informations mais requièrent absolument de l’économie d’énergie. On y trouve Zigbee et Zwave.

Complexe la maison connectée ?Maison connectée : Pont ZigBee Philips Hue

Pas si complexe qu’on pourrait le penser cette maison connectée… Il faut comprendre que si la commande d’un objet connecté consomme un peu trop quand il s’agit de faire des économies d’énergie de chauffage ou de lumière, il n’est pas intéressant de l’utiliser. Surtout quand on commence à vouloir économiser sur les économies de lumière avec des lampes à Led. Elles qui consomment 10 à 15 fois moins que des lampes à incandescence pour la même quantité de lumière ! Imaginez que pour économiser 1 heure d’allumage d’une lampe à Led il faille consommer la même chose en 10 heures par l’outil de commande ! Toutes les dix heures, sans que vous n’ayez besoin de la lumière, vous aurez consommé autant d’énergie que si elle était allumée pendant une heure ! Du gaspillage programmé !

Du gaspillage programmé ? Sauf si…

La technologie Zigbee par exemple utilisée par Philips dans ses lampes Hue et Ikea dans ses lampes Trådfri est capable de travailler pendant plusieurs années avec une simple pile. Avec la même pile, la technologie Bluetooth Basse énergie ne travaillera que quelques jours. Et toujours avec la même pile, la technologie Wifi n’émettra que quelques heures. Ce qu’il faut, c’est que ces technologies puissent travailler ensemble. Ce qui est le cœur du problème, ou plutôt de la solution… Il existe en effet ce que l’on appelle des ponts entre toutes ces technologies. C’est une peu de la même manière qu’un smartphone. Il sait travailler avec le réseau WiFi et le réseau de téléphonie GSM, 3g ou 4G et bientôt la 5G.

Le sans-fil pour la maison connectée ? Une bonne solution

Toutes les technologies citées précédemment sont sans fil. Dans un appartement, dans bien des cas, rien de compliqué. Il y a la box qui distribue le WiFi… Et pour un pont vers des technologies Zigbee, il y a un « pont » qui va être connecté à la box. Ceci fera que tout ce qui se commande en Wifi à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone se transfèrera via le pont Zigbee vers les appareils connectés. Le Zigbee offre une technologie très sophistiquée. Elle est capable de dialoguer en simultané avec plusieurs appareils. Mieux ! Elle peut se servir de certains appareils connectés pour relayer les informations vers des appareils qui ne seraient pas accessibles par les ondes émises par le pont. C’est ce que l’on appelle la technologie Mesh.

Tous des équipements compatibles ?

La compatibilité dépend de la technologie utilisée… Si les équipements sont Zigbee, ils vont utiliser les spécifications de la technologie, et ce qui a fait émerger ces technologies sur les 10 dernières années, c’est le fait qu’il y avait un consensus sur l’intérêt de chaque industriel à accepter cette compatibilité. La même idée qui a fait en son temps le succès du PC qui avait tué dans l’œuf des centaines d’autres idées propriétaires. Néanmoins, cette fois, le Zigbee n’a pas été pensé pour être le plus petit commun dénominateur en excluant le meilleur au profit du service de base. Il est ouvert à toutes les propositions qualitatives et peut se commander par tout type de pont qui respectera la norme au moins pour un service donné. Par exemple, pour des lampes, il y a une compatibilité avec toutes les marques de lampes qui respectent la norme, même si elles n’ont pas toutes les mêmes fonctionnalités : on voit cela avec les lampes Philips Hue, Osram , Ikea et quelques autres. Pareil avec les robinets thermostatiques sur les chauffages à base d’eau chaude ou le pilotage de radiateurs électriques.

Pour conclure, rapidement, on peut faire des choses assez proches avec la technologie Zwave nettement moins sophistiquée et pas pour autant moins chère.

Olivier Pavie

 

 

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Un OS Souverain en France ? Une aberration politique, économique et technologique

Un OS Souverain en France ? Une aberration politique, économique et technologique par Olivier Pavie, consultant, auteur et journaliste dans les nouvelles technologies et la communicationUn OS Souverain en France ? Une aberration politique, économique et technologique

Les députés ont récemment adopté un amendement concernant l’étude de la mise en place d’un OS souverain. D’une part de quoi s’agit-il et d’autre part, qu’est-ce que cela implique ?

Parler d’OS c’est parler de système d’exploitation des ordinateurs et autres équipements informatiques. Sur les ordinateurs modernes, le système d’exploitation est principalement Windows sur les PC, on l’appelle MacOS sur les Macintosh, Android sur certains téléphones, mais aussi IOS sur les iPhones. Il y a aussi Linux qui est souvent utilisé mais plutôt dans des domaines professionnels assez ciblés. Si la France voulait se doter d’un OS dit souverain, ce serait pour que les ordinateurs français, et principalement ceux des administrations fonctionnent sur un système qui ne serait rien de tout ce que je viens de citer. Il faudrait le créer.

Quel serait l’intérêt ?

Sur le papier, c’est simple, l’intérêt c’est que l’on serait certains que tous les programmes et toutes les fonctions qui composent le système d’exploitation n’auraient pas des logiciels espions et des fonctions cachées qui permettraient d’aller voir ce qui se passe sur les ordinateurs.

Toutefois il y a plein de mais, c’est comme une idéologie politique, on sait très bien que rien ne peut être parfait, qu’il y aura des gens qui trouveront des failles de sécurité, qui développeront des virus etc. En plus de l’OS qui va déjà coûter une fortune, le paradoxe c’est qu’il faudra sans cesse dépenser d’autres fortunes pour développer des logiciels qui existent déjà et que l’on trouve gratuitement parce qu’ils n’existeront pas sur l’OS que l’on aura réinventé.

On parle d’un Milliard pour l’OS…

Le chiffre d’un milliard d’euros circule sur Internet, mais là encore, je me permets d’avancer que c’est une grande idiotie ; on voit que les ministres, l’assemblée nationale et les députés n’ont absolument pas le niveau pour débattre de ces sujets qui les dépassent ; ce sont les lobbyistes qui agissent dans l’ombre pour alimenter les caisses de grosses compagnies françaises.

Je vais vous donner un bon exemple à ne pas reproduire et qui se rapproche de notre sujet d’OS Souverain. Le plus intéressant étant que le dénouement de cet exemple s’est passé dans la même semaine que le vote des députés sur l’OS souverain. Ne pas y voir une relation serait faire la politique de l’autruche.

Cet exemple, c’est celui du projet de Cloud souverain décidé en 2012. Il s’avère être un fiasco politique et économique alors qu’il était beaucoup plus simple à réaliser que l’OS souverain dont on parle ici.

Pourquoi un fiasco politique et économique ? Politique parce que ce sont des incompétences et mauvaise connaissance de l’existant technologique par les députés qui ont prévalu.

Economique parce que les sociétés Cloudwatt et Numergy créées pour l’occasion par le gouvernement avec l’argent de la caisse des dépôts, d’Orange et de Thalès, valorisées chacune 225 Millions au départ, soit 450 millions à elles deux, ont réussi à réaliser 8 millions de chiffre d’affaires à elles deux en 2014.

J’ajoute qu’en 2015, Cloudwatt a été reprise à 100% par Orange pour un prix non communiqué et certainement proche de 0, et que Numergy, placée en plan de sauvegarde en Octobre 2015 a été absorbée par SFR à 100% en janvier 2016 pour un prix non communiqué mais vraisemblablement pour 1 euro symbolique et l’obligation de trouver une solution pour les salariés repris ou pas.

Si on revient sur l’OS souverain, imaginez que la situation risque d’être bien pire…. Si on arrive à faire cet OS, 1 Milliard c’est à la fois beaucoup et très peu. Windows a coûté plusieurs dizaines de Milliards à Microsoft depuis 1985, en 30 ans… Cela montre d’une part que cela ne se fait pas tout seul et pas en soufflant dessus et en tous cas pas avec quelques dizaines de programmeurs pendant deux ou trois ans comme j’ai pu le lire dans la presse généraliste qui elle non plus n’y connait rien en numérique ou presque. Ce milliard ne tient pas compte des programmes qu’il va en plus falloir développer pour faire fonctionner tout ça. Sans compter la maintenance, les antivirus et dispositifs d’anti-piratage qu’il va falloir mettre en place, les évolutions de l’OS, les déploiements de mises à jour de parcs, les personnes qu’il va falloir former. S’agira-t-il encore de fonctionnaires puisque seuls les ordinateurs de l’administration française en seront équipés ?

N’y a t-il pas déjà un OS en France sans avoir besoin d’en redévelopper ?

L’ANSSI, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information a développé depuis 2005 un logiciel baptisé CLIP. C’est presque un système d’exploitation, mais en fait cela s’appuie sur une base de système d’exploitation Linux. C’est une couche logicielle étanche en termes de sécurité entre Linux et les applicatifs de communication de l’ANSSI et l’usage éventuel d’un système d’exploitation plus classique qui peut être installé, comme par exemple Windows qui fonctionne lui aussi dans une bulle étanche par rapport aux applications de l’administration mais reste un vrai Windows dans son fonctionnement et son ouverture vers les réseaux.

CLIP comme solution ?

Si les lobbyistes que sont les grandes sociétés de service n’étaient pas derrière cette manipulation politico économique, la question ne se poserait pas : CLIP est une solution et il y en a surement d’autres. En ce qui concerne le lobbying, je rappelle que l’une des plus grosses sociétés de service en informatique est Atos et qu’elle est dirigée par un ancien ministre de l’économie et des finances et ancien PDG de France Telecom : Thierry Breton. Ces noms sont tous impliqués dans le fiasco du Cloud souverain dans lequel Atos, société privée récupère à la pelle actions dans Bull, partenariats avec l’Europe, etc.

Si je reviens précisément à mon sujet, pourquoi réinventer la roue et dépenser de l’argent là-dedans alors que nous devons nous concentrer sur notre compétitivité, sur l’emploi, la formation dans les nouveaux métiers du numérique, l’éducation, etc.?

L’OS Souverain est une aberration économique et politique qui ne sert que les desseins de sociétés privées qui s’enrichissent à bon compte, comme les banques qui se sont renflouées sur le dos des états et des contribuables dans les années 2008/2009

Podcast de l’émission du 30/01/2016 sur RCF Méditerranée

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Des objets connectés, oui mais pas pour n’importe quoi…

Les objets connectés ou l'Internet des objets par Olivier Pavie sur RCF dans sa chronique Explorateur Numérique du 9 Janvier 2016Des objets connectés, oui mais pas pour n’importe quoi…

[Chronique en podcast audio à la fin de cet article et lien direct sur RCF] Les objets connectés sont mis à toutes les sauces créant une sorte de ruée vers l’or, une tendance à tout vouloir connecter et interconnecter. De quoi s’agit-t-il ? Quelle valeur ou quel sens accorder à telle ou telle idée ? C’est ce que propose d’éclaircir Olivier Pavie, consultant en nouvelles technologies et en communication avec les nouvelles technologies.

Pour commencer, rappelons que la notion d’objet connecté est identique à l’expression Internet des Objets, en anglais IoT pour Internet of Things. Un objet connecté a donc de près ou de loin un rapport avec Internet, en sachant qu’Internet est aujourd’hui capable de relier à peu près tous les services liés à l’informatique et aux données à n’importe quel objet par le simple fait qu’il existe des puces électroniques qui coûtent quelques centimes qui peuvent dialoguer avec leur environnement avec des technologies comme le Wifi, mais surtout avec des technologies à très basse consommation électrique sans fil comme le Bluetooth Low Energy ou BLE, ou le Zwave ou encore le ZigBee. Pour donner une idée de la consommation électrique, le ZigBee a été pensé pour pouvoir communiquer cinq ans avec son environnement avec une simple pile bâton 1volt5 de type AA. Et quand je parle de puces à quelques centimes, ce sont des puces électroniques plus puissantes que nos ordinateurs des années 80 et 90 qui tiennent sur la pointe d’un ongle.

Quels sont les services que l’on peut attendre de ces objets ?

ça part dans tous les sens : la pertinence du service sur un marché et l’intelligence déployée dans sa conception, c’est là-dessus que tout repose. J’ai parlé il y a quelques semaines de Linky, le nouveau compteur électrique d’ERDF/EDF : il s’agit d’un objet connecté qui dialogue avec le réseau EDF et avec des objets dans la maison. Aujourd’hui ce peut avec un écran qui permet de visualiser la consommation électrique instantanée, ce peut être le pilotage des radiateurs de la maison en fonction d’un besoin en température dans certaines pièces, ce peut être de piloter la mise sous tension ou l’extinction de lampes, le pilotage des détecteurs de fumée.i

Il ne faut pas que tout cela se mélange avec les objets connectés du voisin !

Les services oui, mais avec l’assurance d’avoir ces services de manière confidentielle et très sécurisée. La sécurité est un des challenges des objets connectés, tout en sachant qu’ils doivent pouvoir être interchangeables, compatibles, évolutifs soit par remplacement, soit par mise à jour de fonctions comme on l’a vu récemment avec la montre Apple qui ne tirait son intelligence que de l’iPhone dans la première version logicielle et qui est aujourd’hui capable de contenir des vrais programmes indépendants du téléphone dans la version 2, ceci sans changer de montre mais juste en la mettant à jour.

Un monde très complexe !

Ce monde des objets connectés est extrêmement complexe sur un plan technique et ça doit être extrêmement simple pour l’utilisateur : ce paradoxe a toujours été celui de l’informatique et avec les objets connectés, cela se corse encore davantage ! 0n a parlé de services dans la maison, il y a aussi tous les services liés à la santé pour lesquels il faut encore améliorer la manière de transmettre des informations très confidentielles. J’ai également abordé le sujet d’un bracelet connecté qui mesure l’activité physique et des paramètres vitaux pour le compte d’une assurance santé : imaginez que le bracelet remonte des informations nominatives sur des paramètres vitaux défectueux… Il y a deux moyens de voir la suite des évènements : soit cela permet d’hospitaliser la personne à un moment qui est encore très précoce dans le diagnostic, soit cela donne l’information à l’assurance santé de faire attention à cette personne sur un plan financier : les risques ont augmenté, le prix de l’assurance est augmenté en conséquence.

Des dérapages sur le plan éthique ?

L’un des autres challenges des objets connectés et notamment dans la santé, c’est d’utiliser les informations à bon escient. Avec des informations rendues anonymes remontées par des centaines de milliers d’appareils conçus de manière intelligente, on peut travailler sur l’amélioration de la santé publique sans problème éthique, il s’agit alors d’un objet connecté à vocation positive. Si le but est d’adapter les prix des contrats tout comme il y a des bonus et des malus en matière de conduite automobile, on est dans un autre monde qui n’est pas humaniste puisqu’il ne tient pas compte de la notion d’égalité en droit dans la naissance et on ne nait pas tous avec la même santé.

Des objets connectés qui peuvent avoir un impact positif sur l’humanité?

Il y a de nombreuses idées positives comme par exemple les équipements qui vont permettre d’arroser très précisément les plantes en fonction du degré hygrométrique du sol et de l’air, les drones qui vont être capables de planter des millions ou des milliards d’arbres, les puces implantées qui vont permettre d’établir des diagnostics de santé permanents sur des personnes très fragiles pour améliorer leur vie quotidienne, les compteurs électriques intelligents qui vont permettre d’économiser des centaines d’usine de production d’électricité au charbon en chine et aux etats unis et sur d’autres énergies fossiles partout dans le monde, tous les objets qui vont avoir un but proactif et actif dans l’accomplissement de tâches utiles qui respectent l’aspect éthique et humaniste et s’insèrent dans un projet sociétal.

Article intéressant  sur startups dans le domaine de l’IoT : http://lentreprise.lexpress.fr/creation-entreprise/idees-business/les-objets-connectes_1732141.html

 

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